Abandonware Définition

Les interviews
Olivier HAUTEFEUILLE Tilt 12 novembre 2004
Christophe MOLIGNIER PC Player 16 décembre 2004
Jérôme CHESNOT RAM 12 janvier 2005
Godefroy de MAUPEOU ST Magazine 11 février 2005
François JULIENNE Tilt 17 février 2005
Sébastien LASSERRE Amiga News 17 février 2006
Emmanuel GUILLOT Pc Team 23 mars 2006
Arthelius Retro Player 5 avril 2006
Herve THIRIEZ Pom's 2 septembre 2006
Cédric BEUST Amiga News 8 septembre 2006
Yoann FORTINI Player Two 30 janvier 2007
Michel DESANGLES Hebdogiciel - Joystick - ST Magazine 14 octobre 2007
Alain KAHN PLAYER ONE - NINTENDO PLAYER - PC PLAYER 25 février 2008
Eric CHARTON Amstrad Magazine - PC Magazine - Génération PC 5 juin 2008
Alain RAYNAUD Pom's - STMag - Golden 8 juillet 2008
Jean-Phlippe ALBA Banzzai/Supersonic - Play+ - XBM - Total Advance - Total Cube - Total Jeux PC - XP Solutions - PC Solutions 16 octobre 2008
Stéphane ANQUETIL Amiga Dream 26 janvier 2009
RayXambeR ReVival 15 juin 2009
Jérôme DARNAUDET Canard PC 28 septembre 2009
Jean Marc GASNOT Micro7 - Hebdogiciel - MicroNews 13 septembre 2011
Eric VON ASCHEBERG Standard MSX, Micros MSX, Soft et Micro, Micro Achat, PC Drivers, Vidéo Numérique Magazine, MP3 Magazine, Acheteur Micro, Utilitaires Pro, etc. 15 mai 2012
Vincent FAUCHEUX Ham Mag 21 août 2012
Bruno de la BOISSERIE Club Canon X-07 16 septembre 2012
LeLapin Golden, Soft & Micro 6 novembre 2012
Gilles PROBSTt Le son du canon, l'Ordinateur de Poche, L'Echo du PCW 23 mai 2016

Olivier HAUTEFEUILLE
Peux-tu te présenter un peu ?
Olivier Hautefeuille, 41 ans aujourd'hui, je suis entré à Tilt en 1986 pour me spécialiser très vite dans les jeux de simulation et d'aventure. Ma première machine, une drôle de console de jeu qui s'appelait le Vectrex, puis un superbe Oric Atmos, suivi de près par un Amstrad CPC, Commodore 64, Atari ST, Amiga et ensuite... le PC !
Aujourd'hui papa de trois garçons, ce sont surtout eux qui jouent sur PC, game boy et Xbox. Moi, je m'éclate encore sur Age of Empire, j'y passe des nuits !

Peux-tu présenter un peu le magazine Tilt ?
Tlt a été le premier mag de jeux vidéo, au tout début, de flipper et de jeux à cristaux liquides.
Mené de main de maître par JMB, on a su y garder pendant très longtemps une ambiance super où la passion nous unissait tous et toutes (il y avait même des filles !) à nos lecteurs. Sont passés par là, Jacques Harbonn, que je vois encore, Laurent Drefrance, Alain, ... Et puis, plus tard, aux temps de Consoles Plus, Sam, Richard et tous les autres.

Comment expliques-tu que Tilt ait fini par fermer après avoir été le numéro 1 pendant des années ?
D'abord, il y a eu la concurrence qui a fait baisser les ventes... Et surtout l'arrivée des anglais lorsque Emap a racheté les Editions Mondiales.
Bien que Leader encore à l'époque, ils ont du nous trouver pas rentables. On a tous été licenciés, sauf ceux qui ont réussi, on ne sait pas trop comment, à sauver leur place...

Sais-tu ce qu'est devenu Jean-Michel Blottière ?
Il est en pleine forme et mène une carrière assez remarquable, avec sa propre boîte.
Il travaille notamment encore avec Imagina.
Accessoirement, il est aussi mon frère (Tilt était aussi une affaire de famille !)

Que penses tu du fait que d'anciens exemplaires de Tilt soient vendus sur Ebay à plus de 100 euros le numéro ?
D'abord, je me dit que ma collection personnelle prend de la valeur !
Plaisanterie mis à part, je préfère votre système de scan et de reproduction des anciens numéros : moins cher et surtout plus convivial !

Que t'a fait la récente annonce de l'arrêt de Génération 4 ?
Il y a beaucooup de manoeuvres dont les simples lecteurs ne seront jamais au courant. Un titre qui s'arrête, ce n'est jamais bien pour le lectorat. Mais tous les magazines ont une naissance, une vie et une mort.

De manière générale, la presse spécialisée dans les jeux vidéo sur PC va mal, penses-tu que les choses vont s'améliorer avec le temps ou qu'au contraire, la situation devrait empirer ?
Par rapport au temps de Tilt, la situation est plus complexe : plus grand nombre de machines, public beaucoup plus varié, des constructeurs qui sortent leur mag dédiés, internet qui permet d'obtenir une info à toute vitesse ... Personnellement, je pense qu'un bon généraliste à la manière de Tilt aurait encore sa place. Mais il faudrait qu'il soit écrit aussi avec la passion et le coeur ! Ce n'est pas toujours facile, aujourd'hui, de monter une équipe soudée, de trouver un éditeur qui joue le jeu. Finalement, la nouveauté viendra sans doute de la télé, et d'internet. Et pourquoi pas demander à tous les internautes de votre site ce qu'ils en pensent. Ensuite, on rappelle tout le monde et on relance la machine.
Tilt2005, ça sonne ou pas ?
(NDLR : Une telle idée ne serait pas pour me déplaire)

Les magazines doivent faire face à la dure concurrence d'Internet qui informe quasiment en temps réel. Pour faire face au mieux à cette concurrence, crois-tu que les magazines devraient privilégier une diffusion hebdomadaire ?
Non : car la presse hebdo est très onéreuse pour les éditeurs et les produits risquent de perdre en qualité. Je pense qu'il faut tenir bon et proposer encore et toujours des mensuels de qualité, qui viennent compléter l'info "immédiate" d'internet. Mais attention : vraiment de qualité, c'est à dire indépendant, avec de vrais tests, des vrais avis de lecteurs, de vrais comparatifs... et une équipe rédactionnelle soudée qui donne une âme au mag.
Quand il lit un article, le lecteur doit se dire : ça, c'est du "xxx", xxx étant le titre du mag qui parviendra à relever ce challenge !

Merci beaucoup


Ajout au 11/02/2005
J'ai vu Olivier aujourd'hui et j'ai appris qu'en plus de Tilt, il avait aussi travaillé sur PC Review et Console+.
Il m'a donné sa magnifique collection de magazines afin qu'ils soient présents sur ce site. Un très grand merci à lui.

Christophe MOLIGNIER
Peux-tu te présenter un peu ?
Mon nom est Christophe Molignier. J'ai 35 ans maintenant (25 quand je suis rentré à PC Player). Je suis rentré à PC Player en 1995 grâce à un ami qui m'a fait rencontré le Rédac Chef de l'époque. J'ai commencé à faire quelques piges avant de faire partie intégrante de la rédaction en 97 en gros.
Après avoir usé quelques rédac chef (3 en tout), j'ai pris la place en 1998 pendant près de 2 ans, avant la fermeture. Aujourd'hui, je suis responsable du site Internet de Micromania.fr

Peux-tu présenter le magazine PC Player ?
PC Player c'est 50 numéros. Pendant très longtemps, le magazine a été un bimestriel, puis trimestriel vers la fin... Nous traitions de l'actualité du jeu dans son ensemble. L'ambiance était explosive, comme d'ailleurs dans l'ensemble de la boite de presse MSE.

Comment expliques-tu la fermeture du magazine en 1999 ?
Le magazine s'est éteint avec la boite MSE. Nous sommes donc devenus chomeurs en même temps. Ca créé des liens :-) La plupart des personnes qui sont passées par MSE occupent aujourd'hui de belles places dans le monde du jeu, et bcp sont aujourd'hui redac chef de plusieurs mags. MSE était une belle boîte de formation et donnait sa chance aux jeunes.

Que t'a fait la récente annonce de l'arrêt de Génération 4 ?
Pas grand chose. Voilà maintenant 5 ans que je suis sur Internet. Je m'y sens bien. Le rachat de Joystick par Future France m'a davantage atteint.

De manière générale, la presse spécialisée dans les jeux vidéo sur PC va mal, penses-tu que les choses vont s'améliorer avec le temps ou qu'au contraire, la situation devrait empirer ?
La mauvaise situation de la presse papier est plus simple qu'on ne croit. S'ils veulent survivre, ils doivent s'adapter au monde d'aujourd'hui (Internet). Depuis quelques années, le nbre de magazines s'est considérablement réduit. Paradoxalement, je pense que c'est un bien. Moins de magazines, mais de meilleure qualité. Bien sûr, il n'est pas improbable qu'un jour je retourne sur du papier...

Merci beaucoup

Jérôme CHESNOT
Peux-tu te présenter un peu ?
On m'appelle l'Ours, j'ai 35 ans et je dirige avec un associé une agence de communication basée dans le sud de la France : NONAME. Si vous désirez en savoir plus sur le personnage, direction www.noname.fr/ours

Peux-tu présenter le magazine RAM ?
En 1995, nous étions trois amigaïstes habitant un village reculé des Pyrénées où nous nous faisions chier comme des rats morts (Arbas pour ne pas le nommer). Blasés de la presse info alternative, nous avons décidé de créer un fanzine, RAM. Le challenge a été de publier tous les quinze jours de manière à coller au mieux avec l'actualité. Lavi s'occupait des illustrations, Bibi de tout l'administratif et relations externes, quant à moi de la rédaction des news. Une superbe aventure avec par exemple la création d'un canal IRC #ARTbas, l'organisation d'un bus depuis Toulouse pour l'Amiga Show ou encore un événement inoubliable, Artbastringue. En mai 96, un revendeur Amiga nous a démarché pour lancer le mag en kiosque, par manque de finances nous n'avons sorti que trois numéros de la nouvelle formule.

En dehors de RAM, lisais tu un autre magazine spécialisé sur l'Amiga ?
Amiga Format lorsqu'il me tombait sous la main et Amiga News qui a toujours été le patriarche de la presse Amiga en France (spéciale dédicace à Nicole, Michel et Bruce).

Lis tu encore des magazines informatiques et si oui, lesquels ?
Le Virus Informatique et Pirate Mag bien évidemment (big up to Olivier) et Le Monde Informatique de temps en temps. Ahhh.. regretté temps de l'hhhhhhebdo (Carali, ton sexe !). En ce qui concerne l'Amiga, sont toujours publiés Obligement (obligement.free.fr) et Amiga Power (amigapower.chez.tiscali.fr).

Pour terminer, laisse-moi féliciter l'équipe de Abandonware Magazines pour le travail de fourmi qu'elle réalise.

A bientôt !

Merci beaucoup

Godefroy de MAUPEOU
Cette interview a été réalisée par ATARI STE

Peux-tu te présenter un peu ?
Godefroy de MAUPEOU 44 ans 3 enfants et bientôt 4. J'ai fait une formation de graphiste (E.N.S.A.D.) tout en pratiquant la musique. J'ai été compositeur pendant plus de 10 ans puis à force d'utiliser les ordinateurs je me suis mis à la PAO. J'ai travaillé pour ST MAGAZINE en tant que journaliste, puis Rédacteur en Chef et enfin Editeur lorsque je l'ai racheté à Pressimage.

Peux-tu présenter ST MAGAZINE et nous dire comment tu en es devenu rédac en chef ?
PRESSIMAGE avait décidé d'arrêter ST MAG pour cause de vente en chute libre. Personne n'y croyait plus. J'ai proposé à Godefroy GIUDICELLI le fondateur et éditeur une réunion avec tous les acteurs de la scène.
ATARI française afin de trouver une solution pour pérenniser STMAG.
Godefroy GUIDICELLI ayant un attachement particulier à ce magazine qui lui avait permis de créer cet "empire de presse" qu'était PRESSIMAGE, a accepté cette réunion et m'a laissé une chance sur un numéro, puis deux, puis par trimestre et finalement l'aventure a duré 3 ans chez eux avant de passer chez TDM.

Quelle était l'ambiance au sein du mag, as-tu encore des contacts avec de tes anciens collaborateurs ?
L'ambiance était pour moi extraordinaire. Tout était possible pour peu que l'on ait des idées. Nous n'avions pas de budget, mais un magazine ouvre bien des portes. Je viens de reprendre contact avec Jean Jacques ARDOINO. En dehors de cela je n'ai que peu de contact avec les anciens journalistes. Il faut dire que la fin de TDM a été assez dure à vivre pour moi comme pour certaines personnes que je n'ai pas pu régler. J'y pense encore avec amertume, mais c'est malheureusement la vie des sociétés. Une société a une naissance, une vie et une mort et c'est très rare qu'elle meure sans dégâts. Quant on se bat pour quelque chose, on se bat jusqu'à la dernière limite et la limite c'est le blocage total. Ce fut le cas.

Quelles sont les raisons de sa fin ?
Plusieurs raisons ont causé la chute de TDM.
1) Un marché naturellement en baisse mais que nous régulions par l'augmentation de nos secteurs d'activité sur ATARI (importation, magasins, musique...)
2) La venue de STRATOS qui a divisé en deux le lectorat et pris des annonceurs.
3) Un été très foot pas assez MILAN. Les clients achetaient plutôt des téléviseurs et magnétoscopes plutôt que du matériel informatique pour voir les bleus gagner.
Bref plus de trésorerie pour tenir jusqu'au Noël suivant, période faste pour les ventes et notamment grâce aux Salons.

Et qu'as-tu fait après ?
Un nouveau magazine SINGLE MAG (qui a duré 2 numéros, l'associé financier ayant coupé les ponts au bout de 3 mois) et une agence de communication.

Connais-tu la nouvelle formule, qu'en penses-tu ?
Bien sûr puisque c'est moi qui ait suggéré à Cyril DENIS d'appeler STraTOS "STMAG" car l'équipe en avait la même foi. Pour moi, STraTOS était devenu l'héritier spirituel de STMAG alors pour le plaisir de tous, il fallait qu'ils continuent l'aventure. Aujourd'hui ils apportent une nouvelle pierre à l'édifice et s'en sortent très bien dans un marché beaucoup moins facile qu'il y a encore 5 ans. Je leur tire mon chapeau.

As-tu encore un atari et t'arrive t'il de l'utiliser ?
Bien sûr ! Un HADES, un TT, un FALCON et des ST. Je les utilise pour piloter un traceur à découpe sous CALAMUS, faire la compta ou tout simplement par plaisir. Maintenant je fais le gros de mon travail avec Calamus sur MAC car les machines ont évolué avec mon travail (RAM, Cartes graphiques, impression, réseau...) mais c'est toujours étonnant de voir comme l'HADES tient la route au niveau vitesse, même par rapport à un G5 2x2GHZ. L'HADES avec Calamus n'est pas laissé sur le carreau par la puissance du MAC avec le même Calamus. Une solution HADES + Calamus est toujours largement utilisable, même si c'est sûr que ce sera plus rapide et confortable sur un MAC dernière génération. Le PC est aussi très rapide mais ses performances réelles (travail effectué à la fin de la journée) sont complètement amoindries à cause de ses plantages multiples. Là il est carrément très en deçà de l'HADES. J'ai passé 4 ans sur PC et cela a été l'horreur totale. Le nombre d'heures de travail perdues est affolant. Je conseille vraiment à celui qui veut acheter une machine récente de bien réfléchir et de prendre plutôt le MAC qui possède une stabilité exemplaire digne de l'ATARI.

Es tu surpris de voir la communauté d'atariste encore aussi vivace ?
Surpris non car j'ai toujours cru que l'ATARI vivrait toujours au moins sous une forme de passionnés, comme certains le sont de certaines voitures. Je suis musicien à la base et je sais qu'il existe des objets ou instruments mythiques qu'on ne se lasse pas d'utiliser.
Et puis cela veut dire que toutes ces années passées à défendre l'ATARI n'ont pas été vaines. Cela me touche d'autant plus.

Avais-tu échos du projet TILT ( qui consiste à numériser les magazines disparus ou introuvables à la vente) ?
Non

Que penses-tu de cette initiative ?
C'est une très bonne chose. C'est pour moi.

As-tu quelque chose a ajouter ?
Bonne chance à votre projet. Tant qu'il y aura des gens comme vous pour faire avancer les choses, elles avanceront.

Je te remercie pour tes réponses et le temps que tu m'as consacré.

François JULIENNE
Peux-tu te présenter un peu ?
J'ai actuellement 35 ans, je suis arrivé chez Tilt en avril 1988 à 18 ans et je suis resté jusqu'à sa mort " prématurée " ! J'ai travaillé chez Loriciel 4 mois pour réaliser les adaptations de jeux (CPC vers Thomson puis vers Atari ST, etc.). Puis j'ai déposé une candidature chez Tilt pour leur donner un coup de main sur l'aspect technique des jeux. JMB m'a reçu et m'a immédiatement inséré dans l'équipe de Tilt (Quel bonheur !). J'ai eu comme première mission de réaliser un Hors série Sésame (Listing de jeux à taper à la main !). Puis j'ai eu la responsabilité de la rubrique "Sésame" à partir du N° 59. Mais le travail le plus fastidieux était de faire toutes les photos des jeux pendant une quarantaine de numéros, j'ai donc vu et joué à tous les jeux entre 1988 et 1992 ! J'ai enfin fini mon parcours au service télématique de Tilt (3615 TILT). Maintenant je suis à mon compte et je réalise des sites Internet.

Comment expliques-tu que Tilt ait fini par fermer après avoir été le numéro 1 pendant des années ?
Olivier a bien expliqué le pourquoi du comment, la loi économique ! On peut être le premier et vendre et ne pas dégager suffisamment de bénéfice. De plus nous étions dans un grand groupe de presse française (Auto plus, Télé Poche, Dépêche Mode, etc.), et le Magazine Tilt était le mouton à cinq pattes dans ces magazines prestigieux ! Des jeunes avec les cheveux gras restant 24h/24h devant une Game Boy et déambulant dans les couloirs faisaient un peu tâche ! Nous (l'équipe) avions fait une proposition de rachat du titre mais rien à faire.

Que penses-tu du fait que d'anciens exemplaires de Tilt soient vendus sur Ebay à plus de 100 euros le numéro ?
J'ai moi-même déposé une annonce sur le net pour retrouver quelques anciens numéros, et je n'ai jamais dépassé le prix de 3 € par N°. Il est vrai que d'avoir le premier N° avec une interview d'Yves Mourousi, un test de Pacman, et des pubs pour du tabac et de l'alcool c'est vraiment une perle à posséder ! Mais grâce à toi nous pouvons tous le lire !

Que t'a fait la récente annonce de l'arrêt de Génération 4 ?
J'avoue qu'à l'époque cela ne m'a pas ému, vu que j'étais loin de ce monde de la presse. Gen 4 a été un moteur pour Tilt, nous étions concurrents et cela a dynamisé le contenu et la maquette de Tilt. Nous nous croisions des fois sur des reportages et c'était sympa.

De manière générale, la presse spécialisée dans les jeux vidéo sur PC va mal, penses-tu que les choses vont s'améliorer avec le temps ou qu'au contraire, la situation devrait empirer ?
Je pense qu'Internet est le moteur actuel pour obtenir des tests de jeux avec démo & vidéo à l'appui et tout ceci est gratuit. Je pense que les magazines ont perdu leur aspect rédactionnel journalistique ! Trop de pub avec 4 cd rom et 16 pages max pour 8€, de plus avoir les tests de jeux avec la pub en face n’était pas la déontologie de Tilt ! Nous avions une règle, ce n'est pas la pub qui dirigeait les journalistes… L'évolution la plus sérieuse actuellement est de monter un site web bien construit avec de vrais passionnés, puis si cela dégage des bénéfices faire une version papier par abonnement et enfin… sortir TILT2005 (n'est-ce pas Olivier ? lol).

Les magazines doivent faire face à la dure concurrence d'Internet qui informe quasiment en temps réel. Pour faire face au mieux à cette concurrence, crois-tu que les magazines devraient privilégier une diffusion hebdomadaire ?
Comme dit ci-dessus, avoir un site Internet bien fait est un moteur pour la version papier. Je me souviens de 3615 TILT, qui fournissait des services que le papier ne pouvait pas donner, et cela dégageait pas mal de bénéfice ! Je ne donnerai pas les chiffres mais crois moi plus le magazine a de médias, plus il aura de lecteurs. Finalement Papier+Internet+TV est un bon cocktail ! Je regarde "Game One" sur le câble et je trouve cela sympa…

Merci beaucoup


Ajout au 15/03/2005
Voici l'email de François JULIENNE : f.julienne@liberbysurf.frNOSPAM.
Il faut bien entendu penser à retirer le "NOSPAM" avant de lui écrire.

Sébastien LASSERRE
Peux-tu te présenter un peu ?
Sébastien Lasserre,34 ans, infographiste/guitariste au sein de Golgoth13, passionné de vieux ordinateur 8 bits et de vieux jeux électroniques Game and Watch, je suis fan de Miyazaki pour les dessins-animés, Pixar et Bluesky pour la 3D, Trondheim et Goossens pour la bd, Frank black et les Ventures pour la musique...pour la presse informatique...a part Edge ou Canard PC de temps en temps...rien! les mises en pages sont laides et en plus c'est cher...je regrette ce cher vieux Tilt!
(merci au passage! j'ai pu relire le n°5 que j'avais acheté à l'époque puis oublié un dimanche chez des amis de mes parents...ça avait été un jour trés triste, j'adorais la couv :))

Peux-tu présenter le magazine A-News ?
Un magazine Amiga fait par des Amigaistes qui détestaient les Ataristes...

Quelle était l'ambiance au sein du magazine ? As-tu encore des contacts avec de tes anciens collaborateurs ?
Je travaillais à l'époque avec l'équipe des babas-news dont notre chef et ami, un ancien de la scène C64, était pote avec Bruce Leper (boss d'A-News) il avait un magasin Amiga sur Bayonne, spécialisé dans le freeware...c'était notre QG...j'y étais dès que j'avais du temps libre...Le magazine A-News manquant de staff pour tester les jeux cherchait des pigistes bénévoles...les BABAS-News étaient nés! On avait tous 16 ans ou dans ces eaux là...Chaque mois nous recevions par la poste des gros cartons remplis de hits Amiga...On avait plus qu'à piocher dans le carton magique, choisir, jouer, tester, puis rédiger! J'étais en troisième, c'était le rêve...Jouer à Rocket Ranger, Xenon 2 ou Dungeon Master avant tout le monde était un sacré privilège...On envoyait ensuite nos tests de jeux à A-News à distance par disquette, le mail n'existant pas encore...
J'ai retrouvé Gilles Giordan, pigiste aussi à l'époque, par internet 17 ans aprés...merci Gougueul...il est comme moi guitariste, et il bosse toujours avec des ordinateurs en tant que monteur-truqueur...

En dehors de A-News, lisais tu un autre magazine spécialisé sur l'Amiga ?
TILT et ST Magazine :), j'ai toujours préféré les Atari ST...même si j'avais aussi un Amiga 1000, le 520ST est le premier ordinateur à souris que j'ai acheté...il était beau avec son système d'exploitation T.O.S. tout vert...le Tramiel Operating System...haha...plus tard ils ont même essayé de sortir le Bi-TOS...il était temps d'arrêter! Il y avait aussi l'Archimèdes d'Acorn...machine moins connue que l'Amiga qui faisait tourner "Virus" un des premier jeux 3D à surface polygonales pleines en archimèdes-basic...alors qu'il tournait en assembleur sur l'Amiga...

Es-tu surpris de voir la communauté d'amigaïste encore aussi vivace ?
Je savais pas qu'il y avait encore une communauté vivace...je sais qu'il y en a encore qui font des démos sur le C64 alors pourquoi pas pour l'Amiga...pour ma part j'ai arrêté de croire en l'Amiga en 1996 ou je travaillais encore dans une des dernières boîtes de freeware en France qui collaborait avec le magazine RAM...mon premier Amiga était un 1000 en 1987, le dernier un 600 en 1996...
D'espoir en espoir on fini par se lasser, l'Amiga de rachat en rachat...c'était pathétique!!! Des projets de systèmes parallèles, de domotiques et autre pilotage d'aspirateur avec des cartes mères de 1200...pfffiou....pauvre petit Amiga...toi qui a été au sommet de la gloire, pourquoi ils t'ont fait ça?
Ce n'était pas digne de toi!
L'amiga a été, reste et restera une super machine, le PC a gagné la guerre mais maintenant c'est tout moche, voilà, c'est tout, c'est pour ça que je surfe sur le web avec mon Spectrum.

Merci beaucoup

Emmanuel GUILLOT
Peux-tu te présenter un peu ?
Emmanuel Guillot, 34 ans, marié et heureux papa d'une petite fille de 11 mois. J'ai commencé à travailler en tant que pigiste dans les magazines de jeu vidéo en 1997. En 1999, je suis devenu pigiste chez Pc Team, puis rédacteur et chef de rubrique jeux. En 2001, suite à mon départ de Pc Team, j'ai écrit un roman de fantasy de 450 pages que j'ai choisi finalement de ne pas publier. Je viens de publier chez lulu.com mon premier recueil de nouvelles de science-fiction, intitulé Espace et Spasmes. Je travaille actuellement sur un nouveau roman de fantasy.

Peux-tu présenter les magazines auxquels tu as participé ?
Les magazines sont assez nombreux car mon parcours a été chaotique ! Peut-être mon côté rebelle ou mercenaire... Alors PC-Mag Loisirs : un magazine très sympa (le premier à m'avoir donné ma chance !), avec des dossiers de fond, des enquêtes et des tests de jeux. PC Jeux, Total Play et GameOn (remplacé par Jeux Vidéo mag) appartenaient à l'époque au groupe Edicorp, depuis racheté par Future Publishing. Des magazines purement orientés jeux, Total Play (maintenant devenu PSM2) ayant eu l'atout d'avoir un rédacteur japonais pour les tests en import. Pc Player, un magazine également orienté jeux comme son nom l'indique, de même que PC Fun. On pourrait ajouter deux sites, Gamespot et Gamekult, mais ma collaboration fut très brève. Et évidemment Pc Team, un magazine qui tirait principalement sa force de sa rubrique hardware et des CD, puis DVD de programmes qu'il offrait. J'ai été attristé d'apprendre qu'il s'était arrêté en décembre dernier, car il avait tenu longtemps là où bien d'autres n'avaient eu qu'une vie éphémère.

Quelle était l'ambiance au sein de ces magazines ?
Difficile de décrire l'ambiance dans chacun de ces magazines. D'une manière générale, je dirais que l'adjectif "échevelée" est celui qui la résume le mieux. Certaines anecdotes me sont plus particulièrement restées en mémoire. Je me souviens de mon étonnement lorsque l'on m'a permis d'écrire des articles rémunérés suite à un simple coup de fil à Pc Mag loisirs, une prise de contact et un article d'essai. Auparavant j'avais fait une Ecole de journalisme mais sans doute pas la bonne car malgré cela, j'avais échoué à trouver du travail dans toutes les revues de la presse générale auxquelles j'avais proposé mes services. Mes démarches envers la presse sportive n'avaient pas davantage été couronnées de succès. Je me suis rappelé mes premières amours ludiques, l'Amstrad et l'Amiga 500 et j'ai appelé. Là, je suis tombé dans un milieu beaucoup plus ouvert d'esprit, où je me suis d'emblée senti chez moi. Je me rappelle cet entretien avec le rédacteur en chef de Pc Player de l'époque (en 1997 ou 1998) où il me confiait ne pas en revenir d'être "red-chef" à 30 ans et de donner des directives à des personnes plus âgées que lui !
Certains rédacteurs en chef faisaient preuve d'esprit d'initiative. Celui de Total Play, Steve Mantaux en l'occurence, m'avait demandé de lui pondre le scénario d'une BD sur Duke Nukem au moment de la sortie du jeu sur Playstation. Ce que j'avais fait, surpris mais heureux car cela me changeait et représentait un nouveau défi.
Il y avait des moments réjouissants. Je me souviens d'un voyage de presse (en général, plusieurs journalistes de revues différentes se retrouvaient dans le même vol) où l'un des rédacteurs de Joystick avait été refoulé au portique de l'aéroport parce qu'il avait sous sa veste un couteau de chasse ! Mes souvenirs les plus précis et nombreux remontent à l'époque de Pc Team, car pour la première fois j'étais intégré à un magazine et vivais les choses dans les murs d'une rédaction. Ce qui est bien différent de la vision superficielle du pigiste qui passe simplement dans les bureaux pour récupérer les produits et les tester chez lui... C'étaient des fanatiques de Quake 2, puis de Quake 3 chez Pc Team. Ah là là, les raclées que j'ai pu me prendre sous Quake 3 à la rédac ! Ça chambrait sec au début, j'étais le sous-doué de service, à tel point que l'un des plus facétieux de l'équipe a conçu un ingénieux montage photo qu'il avait intitulé fragfest (ci-joint) ! Par la force des choses, je me suis amélioré au point de ne plus être celui qui se faisait fragger le plus souvent, mais dès que je cessais de m'entraîner, mon niveau fondait comme neige au soleil. Ah, il est dur le métier de testeur, c'est moi qui vous le dis ! A un moment nous avions convaincu l'une des "filles de la maquette" (il n'y avait que des filles à la maquette, et certaines sont devenues légendaires dans l'équipe) de se joindre à nous pour une petite partie. Au détour d'un couloir, je vois son personnage le nez en l'air. Il ne bouge pas. Par la suite, j'ai appris qu'elle était tout simplement en train d'admirer les plafonds...
Plus sérieusement, nous nous débrouillions toujours pour boucler les numéros à temps, quelles que fussent les circonstances, ce qui relevait du numéro d'équilibriste au moment de grands événements comme l'E3. Certains rédacteurs étaient vraiment dévoués. Je me souviens de l'un d'eux qu'en période de Noël, j'avais retrouvé le matin endormi sous le sapin de la rédac. Il se lève, les cheveux en pétard, s'étire et me dit avec un grand sourire : "Ah, qu'est-ce qu'on dort bien sous le sapin !" Oui, il y avait des moments émouvants et drôles. Comme j'aimais bien les morceaux de Scorpion et que j'écoutais Still loving you (mon côté romantique), je me faisais abondamment chambrer à ce sujet. Mais les bureaux avaient beau ressembler à la chambre d'un ado attardé, cela ne nous empêchait pas d'être prêts du jour au lendemain à parcourir la moitié du globe pour un reportage-photo à Los Angeles. Dans ce métier, c'est une qualité de garder son âme d'enfant, ça permet de conserver une faculté d'émerveillement malgré le passage des années et le fait que certains produits se ressemblent étrangement. C'est cet aspect-là de mon passage chez eux que j'ai envie de retenir.

Quelque chose à ajouter ?
Oui. Le fait de découvrir de nombreux univers ludiques et de rencontrer des développeurs passionnés par leur métier m'a donné envie de "passer de l'autre côté". Ils m'ont inoculé le virus de la création. Il existe bien des types de jeux : certains sont des merveilles d'intuitivité et de fun, comme ceux développés par Shigeru Miyamoto, l'auteur de Zelda et des Mario. D'autres cumulent réflexes, astuce, réactivité, comme les quake-like. Il y a ceux qui simulent la réalité, ceux qui développent les facultés de gestion, ceux qui requièrent des qualités stratégiques et de micro-management d'unités, comme les STR. Ceux qui privilégient la réflexion, l'exploration et la recherche d'indice (les jeux d'aventure) ont beaucoup de mal à survivre. Personnellement, j'ai toujours été attiré par les jeux à fort contenu et dont la personnalité est parfaitement identifiée. Des jeux comme Final Fantasy VII, le mythique Fallout et les Balur's Gate. J'ai toujours trouvé que ces titres étaient trop rares et que trop de jeux pêchaient par les lacunes ou l'absence de scénario. Je ne pense pas que cela soit dû à un manque de demande du marché, simplement on va vers la facilité. Des jeux comme Morrowind ne peuvent pas se développer en six mois, mais c'est leur profondeur qui fait tout leur charme et je souhaiterais qu'il y en ait davantage. Quant aux MMORPG, je me retiens de les pratiquer, car ils sont dévoreurs de temps, et il m'en faut beaucoup pour me consacrer à l'écriture.

Merci beaucoup

N'hésitez pas à viter son site : http://emlguillot.free.fr

Voici l'image dont il parle dans l'interview :

Arthelius
Peux-tu te présenter un peu ?
Je m'appel Arthelius (enfin c'est mon pseudo lol) vous trouverez toujours sous ce pseudo la. Je suis fan de réreo depuis une dizaine d'années, et je joue aux jeux video depuis plus de 15 ans.
j'ai crée le mag retro gamers en janvier 2005. Pensant à cette époque avoir l'idée d'enfer, mais il s'est averé que je n'étais pas seul lol.

Peux-tu présenter ton magazine Retro Player ?
Le numéro 1 et 2 se nommait retro gamers mais avec le 3 pour ne pas créer de confusion avec Retro Game, le magazine est renommé Retro Player, en hommage au défunt Player One mon premier mag de jeux vidéo.
Le premeier numéro a été fait avec les moyens du bord, avec des logiciels pas tellement de bon gout, lol ! Puis une équipe s'est crée avec le 2, puis il y eu quelques soucis techniques. Et enfin pour le 3 une vrai équipe de rédacteurs, ainsi qu'un site pour héberger les magazines (bientot un second site sur les goodies rétro) mais aussi un forum. et nous voilà avec le bébé entre vos mains.

Comment vois tu le futur de ce magazine ? Sera-t-il un jour disponible en kiosque ?
C'est mon rêve, mais ceci n'est pas simple, je cherche des solutions. Je suis en train de créer une association pour promouvoir le rétro ainsi que le mag. Sinon je suis à la recherche d'un éditeur car le but final est de finir en kiosque un jour. J'en profite pour vous demandez, si vous connaissez un éditeur intéressé faites moi signe ;) merci

Quelque chose à ajouter ?
Venez nombreux nous rejoindre sur le forum, ou intégrer notre équipe rédactionnelle. a bientôt.

Merci beaucoup

Herve THIRIEZ
Peux-tu te présenter un peu ?
Pour en savoir plus sur moi, je vous invite à consulter mon CV.

Peux-tu présenter ton magazine Pom's ?
J'ai créé Pom's parce que tous les gens que je rencontrais et qui avaient des Apple étaient un peu perdus, puisqu'il n'y avait rien sur ce sujet en français à l'époque.

J'ai donc réuni quelques utilisateurs d'Apple que je connaissais et leur ai dit que si chacun pouvait me garantir un article par trimestre sur le sujet, on pourrait lancer une revue Apple. J'avais des copains qui avaient lancé l'Ordinateur Individuel et qui pouvaient m'assister pour la partie "journalisme" !

J'ai donc créé la société Editions MEV à cet effet, dont le Groupe Test (créateur de l'Ordinateur Individuel) était le seul actionnaire non privé.

On a lancé Pom's, et cela a duré quelques années, jusqu'à la présence en kiosque. Cela s'est hélas terminé avec le cambriolage dont j'ai déjà parlé.

Ensuite, j'ai créé plusieurs autres revues de micro-informatique. Tout cela s'est terminé en octobre 2005. La morale de cette histoire, c'est qu'il est très difficile en France d'être un petit éditeur indépendant.

En effet, en France, dès que l'on n'appartient pas à un groupe de presse - ce qui est arrivé rapidement à Pom's car, suite à des restructurations du groupe Test, j'ai dû racheter leurs actions - on ne peut pas bénéficier du moindre article promotionnel dans la presse, selon le dicton "Qui n'est pas avec moi est contre moi !".

Cordialement. Hervé Thiriez.

Merci beaucoup

Cédric BEUST
Peux-tu te présenter un peu ?
Je m'appelle Cedric Beust et je travaille chez Google, en Californie. Je suis arrive en Californie an 1998, et depuis, j'ai travaille chez Sun, BEA Systems et maintenant Google depuis environ deux ans.

J'ai fait mes premieres contributions a ANews pour le numero 4, si je me rappelle bien, et j'ai progressivement etendu mes articles a la demande de Bruce. A l'epoque, j'avais la chance d'avoir un compte email et j'avais acces a Usenet et autres ressources Internet, ce qui etait assez rare a l'epoque (c'etait en 1988, le Web n'arriverait qu'en 1995). J'ai donc commence par ecrire des articles sur l'actualite internationale et sur des echanges par email ou dans les forums a propos de l'Amiga. Par la suite, j'ai aussi fait des tests de jeux, de domaine public, des articles de programmations divers, etc... Un peu de tout, quoi.

Peux-tu présenter le magazine ANews ?
Amiga News est la creation de Bruce Lepper, qui adorait la machine et voulait la rendre plus connue en France. Tous les numeros ont ete rediges et edites 100% sur du materiel et logiciel Amiga et l'equipe etait quasiment en permanence constituee de pigistes repartis un peu partout en France (et un peu a l'etranger). On etait tous des passionnes et la plupart d'entre nous ont commence par faire ca gratuitement (Bruce a toujours insiste pour nous verser des cheques, cela dit).

Pourquoi avoir changé de nom au bout de quelques numéros ?
Parce que Commodore nous le demandait. Ils disaient que le nom Amiga etait copyrighte' et qu'on n'avait pas le droit de l'utiliser, donc Amiga News est devenu ANews apres quelques numeros. L'avis de l'equipe etait que ANews faisait concurrence a Commodore Revue et que Commodore essayait donc de nous limiter par tous les moyens possibles...

On a repris le nom Amiga News quelques annees plus tard, mais je ne sais plus si c'est parce que Bruce a finalement recu l'autorisation de Commodore ou parce que Commodore avait revendu la marque Amiga...

Quelle était l'ambiance au sein du magazine ? As-tu encore des contacts avec de tes anciens collaborateurs ?
ANews etait cree a Bordeaux et dans la region bordelaise, et bien que quelques collaborateurs habitaient la-bas, la plupart d'entre nous etaient decentralises (j'habitais a Nice a l'epoque). J'ai eu l'occasion de rencontrer l'equipe quelques fois au cours de quelques visites, mais je n'ai jamais vraiment travaille physiquement avec eux pendant longtemps...

Depuis, j'ai ete contacte ici et la par d'anciens amigaistes qui ont trouve mon nom par hasard sur Internet et l'ont associe a ma periode amigaphile...

En dehors de A-News, lisais tu un autre magazine spécialisé sur l'Amiga ?
Commodore Revue, mais il etait bien moins qu'ANews :-)

Et bien sur, des tonnes d'autres revues informatiques.

Que penses-tu de la communauté amigaïste française ?
Vers la fin, je pense qu'elle etait trop enthousiaste et que ca l'a desservie. En 1994 et 1995, j'ai ecrit une serie d'articles pour exprimer mon mecontentement sur l'aspect tres partisan des Amigaistes dans lesquels j'ai eu le culot d'affirmer que Windows n'etait pas si mal que ca. Inutile de dire que la communaute Amiga ne l'a pas tres bien pris et s'est sentie trahie... Ca m'a rendu triste. J'ai toujours adore l'Amiga, mais en 1995, quand Windows 95 est sorti, j'ai realise que c'etait termine et qu'on avait perdu la bataille.

C'etait une machine en avance sur son temps et qui m'a fait passer des moments inoubliables, exactement comme l'Apple ][ auparavant...

Merci beaucoup
Pas de quoi. J'adore votre site, excellent boulot !

Yoann FORTINI
Peux-tu te présenter un peu ?
Un peu ? Je vais essayer de pas être trop bavard alors ! Je m'appelle Yoann FORTINI, et j'ai bientôt 29 ans au moment où je te réponds.
J'ai fais mes premières armes avec un Videopac et un ZX Spectrum. Puis j'ai eu la chance de pouvoir m'essayer à à peu près tous les supports les plus répandus (Atari, Sega/Nintendo 8 et 16 bits, Amiga, PC, etc.). J'ai également eu le plaisir de connaître les débuts du net en France au milieu des années 90, et vous m'y trouverez d'ailleurs plus facilement sous le pseudo d'ANgI- que je n'ai pas quitté depuis. Bref, un bon ptit geek un poil rétro, élevé au grain et au microprocesseur. Mais je m'assûme !
Aujourd'hui, comme beaucoup, ma vie privée a pris le dessus sur mes premières passions, en particulier au niveau du temps que j'ai à y consacrer. Mais je reste très fan de rétrogaming, d'arcade, et bien entendu des nouveaux plaisirs vidéoludiques que nous apporte les supports actuels.

Peux-tu présenter ton magazine Player Two ?
On pourrait interpréter ça comme un esprit d'équipe presque caricatural, mais j'aimerais commencer par préciser qu'il ne s'agit de pas de MON magazine, mais de NOTRE magazine, à toute l'équipe. Sincèrement, je ne fais que coordonner les manettes et essayer de donner un sens à tout ça. Je ne veux pas minimiser ma part du boulot, mais sans les autres rédacteurs, Player Two ne serait pas la moitié de ce qu'il est.
Player Two est une initiative prise sur un coup de tête, mais qui a finalement vite trouvé quelques passionnés pour la réalisation, et son public pour le reste... Il s'agit d'un webzine imprimable et gratuit, totalement amateur, avec une douce influence rétro (mais pas exclusivement). Le ton y est ainsi très libre, presqu'autant que la ligne éditoriale.
Il est né du constat que la presse vidéoludique d'aujourd'hui ne présente globalement que peu d'intérêt, entre les tristes listings techniques et les opérations marketing. Nous sommes nombreux à conserver un inégalable souvenir des magazines de notre enfance, associé à un feeling que même les meilleurs sites web peinent à renouveller aujourd'hui, souvent par manque de légéreté. Ce site est bien là pour en témoigner, non ? Le titre est un évident hommage à Player One, véritable symbole de tout ce que je viens d'évoquer.
Et comme on est jamais mieux servi que par soi-même, voilà comment Player Two est venu au monde. L'état d'esprit se veut décontracté et sans contrainte, pour que le plaisir (d'écrire et de lire) y soit maximal. Le côté amateur y est clairement revendiqué, et c'est tant mieux.

Comment vois tu le futur de ce magazine ? Sera-t-il un jour disponible un jour en kiosque ?
Le futur dépend de la flamme que chaque participant voudra continuer à y apporter. Notre motivation connait des hauts et des bas. Mais un lectorat régulier s'étant désormais installé, il est toujours là pour nous relancer dans l'aventure... pour notre plus grand plaisir !
Pour ce qui est du kiosque, ce n'est clairement pas l'objectif aujourd'hui. Pour une raison simple : chacun fait ça en dehors de sa vie de famille et de son temps de travail. C'est à mon goût ce qui fait la force de Player Two aujourd'hui : quand on veut participer, c'est avant tout que l'on en a envie. Une publication "officielle" ajouterait à mon avis de telles contraintes... que la qualité en patirait forcément.

Quelque chose à ajouter ?
Heu... tout à fait Jean-Pierre ! Je suis un peu attristé du cynisme qui entoure actuellement le milieu du jeu vidéo, y compris au niveau des joueurs. Le plaisir s'efface souvent derrière d'autres considérations (la configuration technique, l'ego de certains joueurs ou de certains sites web qui se prennent trop au sérieux...).
J'espère que Player Two, avec sa bonne humeur et son humilité, contribue à apporter un peu de soleil à cette monotonie ambiante, c'est tout du moins mon point de vue. Avant toute chose, le jeu vidéo est un loisir à partager. Tous les moyens sont là pour ça aujourd'hui, alors profitez-en !

Merci beaucoup

Michel DESANGLES
Peux-tu te présenter un peu ?
Michel Desangles, 44 ans, 1m81, 71 kg, blond foncé, aime les soirées entre amis, la plage, les voyages... Ah non pardon, je confonds avec mon annonce sur Meetic. En vrai, j'aime mon ordinateur, et c'est tout. Le coup des voyages et des soirées, c'est juste pour attraper les filles. Niveau boulot, j'ai été successivement rédac-chef d'Hebdogiciel, de ST Mag et de Joystick.

Peux-tu présenter le magazine Hebdogiciel ?
C'était un hebdo satarique consacré à la micro-informatique, qui a paru entre 1983 et 1986. D'ailleurs, c'était pas du tout satirique au début, on publiait des listings à recopier pour les milliasses de petites bécanes qui existaient à l'époque : C64, Oric, Spectrum, ZX81... Au bout de quelques mois, ça commençait à nous fatiguer, alors on a commencé à dire ce qu'on pensait, à utiliser le langage parlé, à taper dans le tas, ça a plu aux lecteurs, alors on a continué. Je suis très fier d'une campagne de pub qu'on avait faite en 85, dont le slogan était "désolé, mais l'informatique, c'est de la merde", alors que la plupart des gens ne savaient pas encore ce que signifiait le mot "informatique".

Quelle était l'ambiance au sein du magazine ?
Un bizarre mélange de total délire et de tensions permanentes, parce que le rythme hebdomadaire est très dur à tenir. On buvait des coups au café d'à côté pendant trois jours pour se reposer du bouclage précédent, puis on passait quatre jours à trimer comme des chiens pour boucler le numéro suivant. J'écrivais les articles de couverture pendant que le coursier de l'imprimeur partageait une pizza avec la NDLJC (la jolie claviste, pour ceux qui se souviennent...).

Est-ce que de nos jours, il existe une revue équivalente à Hebdogiciel (Canard PC par exemple) ?
Je dois reconnaître que je ne connais que Canard PC que de nom, on m'en dit beaucoup de bien mais je ne l'ai jamais lu. C'est plutôt le fils spirituel de Joystick plutôt que d'Hebdogiciel, non ? Pour être honnête, comme je suis sur Internet depuis plus longtemps que la moyenne (en 83, j'étais abonné à The Source, Genie, Compuserve, Calvacom...), j'ai arrêté de lire du papier il y a quelques années, je ne lis plus qu'Internet. Eh oui, le déclin de la presse, c'est moi !
Pour une revue équivalente à Hebdogiciel, je choisirais plutôt le Virus Informatique. J'ai une admiration sans bornes pour Olivier Aichelbaum, parce que lui a repris le flambeau à un moment où c'était beaucoup plus dur.
Hebdogiciel, c'était en pleine vague rose, Mitterrand avait décidé de ne censurer aucun journal pendant son mandat, on disait ce qu'on voulait, et les "gros" de l'informatique, c'était des boîtes de quelques personnes.
Quand Olivier a lancé le Virus, la profession était super-organisée, pouvait se payer des avocats et attaquer tous azimuths quand un article ne lui plaisait pas... Et puis, lui a une éthique. Nous, on avait seulement une éthylique.

Peux-tu présenter le magazine ST Magazine ?
En 1986, l'Amiga et l'Atari ST, tous deux des 16 bits, ont pris le relais des 8 bits agonisants. Le PC et le Mac n'étaient pas encore devenus des standards de fait, du moins pas en Europe. Et les informaticiens se sont partagés en deux : ceux qui avaient un Amiga, et ceux qui avaient un ST. Je faisais partie de la deuxième catégorie, Hebdogiciel s'était arrêté, j'ai rencontré Godefroy Giudicelli qui avait lancé ST Mag peu avant, et j'ai accepté de venir y bosser (si mes souvenirs sont bons, un problème administratif m'empêchait de signer et le rédac-chef avait le pseudo transparent de "Michel Descoins"...). Je n'y suis pas resté très longtemps, cela dit, du numéro 9 au numéro 20 si mes souvenirs sont bons.

Que penses-tu de l'initiative de fans de la revue de la continuer sous la forme d'un fanzine ( http://stmagazine.org ) ?
Très bonne initiative. Mais je n'ai pas suivi l'évolution du ST avec le Falcon, etc.

Peux-tu présenter le magazine Joystick ?
Au départ, c'était un hebdomadaire qui avait été lancé par Marc Andersen, Joystick Hebdo. Il avait repris l'idée de "Bidouille-grenouille" d'Hebdogiciel, et centrait le magazine sur les astuces de Danboss et Danbiss. J'y suis arrivé vers le numéro 27 ou 28. Mais ça ne se vendait pas bien, on ne comprenait pas pourquoi. Au bout d'un an, il a fallu se rendre à l'évidence : on va crever si on ne fait rien. Marc a décidé de le rendre mensuel, et là les ventes ont explosé littéralement, on s'est retrouvés avec certains numéros proches des 100.000 exemplaires. Au bout d'un moment, Marc a vendu le magazine à Hachette, et on est partis remonter une autre boîte, Cyber Press Publishing, qui a publié PC Soluces, Playmag, Ciné Live... Marc Andersen est un des grands génies de la presse, et le succès de ces magazines lui est dû à 100%. J'ai eu de la chance de le rencontrer.

As-tu suivi le rachat de Joystick par le groupe Future ? As-tu une opinion sur l'actuel Joystick ?
Honnêtement, je ne l'ai pas lu depuis que j'ai cessé d'y travailler. Blocage psychologique ?

Quelque chose à ajouter ?
Aujourd'hui, j'ai monté une boîte qui fait des sites Internet, et je fais de longues balades sur la plage, des soirées entre amis... Tu connais des meufs intéressées ?

Merci beaucoup

Alain KAHN
Peux-tu te présenter un peu et aussi présenter les revues pour lesquelles tu as travaillé ?
Après une "carrière" dans l'electronique et l'informatique, j'ai crée MEDIA SYSTEME EDITION en 1998 pour editer les magazines dédiés aux ordinateurs d'AMSTRAD (CPC et PC).
Quand la marque a chuté, nous avons crées le premier magazine de jeux video pour consoles: PLAYER ONE.
Puis par la suite de nombreuses autres revues dont NINTENDO PLAYER et PC PLAYER notamment.

Quelle était l'ambiance au sein du magazine ? As-tu encore des contacts avec de tes anciens collaborateurs ?
Disons que les premières années l'ambiance était super. C'était vraiment presque epique.
Le marché est ensuite devenu très concurrentiel.Et les affaires sont devenus très dures. Et MEDIA SYSTEME EDITION a "disparu" et PLAYER ONE aussi.dernier numéro=janvier 2000.
J'ai gardé quelques contact avec mes anciens collaborateurs. Et avec Pierre VALLS, nous avons crée et développé PIKA EDITION, éditeur de manga.

Connais-tu le fanzine Player Two et si oui, que penses-tu de l'initiative ?
Toute intiative de ce type est très sympathique. Tant que cela reste un "fanzine" à but non lucratif.

Est-ce que tu t'intéresse toujours à la presse informatique et si oui, quelles sont les revues que tu apprécies ?
Je ne lis plus de presse informatique ou jeux video

Quelque chose à ajouter ?
PLAYER ONE a été une belle aventure humaine.

Merci beaucoup

Eric CHARTON
Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Eric Charton, j’ai été journaliste et auteur scientifique et technique pendant une quinzaine d’années. A l’origine je suis informaticien, spécialisé dans la programmation assembleur et les systèmes. Aujourd’hui je suis revenu à ce premier métier puisque je suis chercheur dans un Laboratoire Informatique Universitaire. Je travaille sur le traitement et l’analyse de données multimédia et plus particulièrement sur le langage écrit et oral. Je publie aussi assez régulièrement des livres tels que le Hackers Guide (qui est un recueil sur la sécurité informatique).

Peux-tu présenter les revues pour lesquelles tu as travaillé ?
Ma carrière de journaliste a commencé un peu par hasard. Je travaillais au sein de la société Amstrad France et le rédacteur en chef de Amstrad Magazine m’a proposé d’écrire pour sa revue. De fil en aiguille, j’en suis venu à collaborer à plein temps et à devenir membre du comité de rédaction. J’ai écrit pour cette revue du numéro 1 à son dernier exemplaire, et j’y ait fait mes armes de rédacteur en chef dans des hors série (Am Mag, Am Pro , Les Cahiers, etc).

Ensuite j’ai poursuivi en tant que pigiste pour un certain nombre de revues spécialisées (PC Magazine, dans les 2 premiers numéros notamment, et quelques autres telles que SVM, l’Entreprise, Achetez Micro).

Au début des années 90, j’ai intégré à plein temps le groupe Sepcom au laboratoire de test de PC Magazine. Je suis ensuite devenu rédacteur en chef de ce magazine. Après un peu moins d’un an, j’ai été recruté par le groupe Pressimage pour lancer le magazine Génération PC dont j’ai été le premier rédacteur en chef.

J’ai donc pas mal circulé dans le milieu de la presse informatique !

Quelle était l'ambiance au sein des magazines ?
Les rédactions des revues informatiques étaient très conviviales dans les années 80-90. C’était un milieu émergent, avec peu de journalistes professionnels formés à l’informatique. Nous venions donc tous d’horizons assez variés. Au début nous avions assez peu de moyens, puis, la publicité est arrivée massivement, et tout s’est énormément professionnalisé.

J’ai globalement apprécié cette époque et les gens que j’ai croisé, mais j’ai quand même une nette préférence pour la période Amstrad Magazine, ou l’ambiance était celle d’une bande de copains. Ce qui n’empêchait pas de travailler avec rigueur et de chercher des sujets « hors norme ». Je crois qu’Amstrad Magazine, SVM et Hebdogiciel ont été les principaux magazines qui ont développés cette optique journalistique : il y avait des investigations, des controverses, des recherches d’informations vraiment novatrices et décalées.

Les lecteurs ne s’y trompaient pas : à son apogée, tant Amstrad Magazine que SVM vendaient à près de 100 000 exemplaires, Hebdogiciel, hebdomadaire, avait lui aussi des dizaines de milliers de lecteurs ! C’est énorme pour des publications françaises thématiques.

Dès l’arrivée des gros groupes nord Américain (Ziff Davis notamment) au début des années 90, tout a évolué. Le système des gros laboratoires de test a un peu tout chamboulé. Les méthodes, les standardisations des grandes campagnes d’essais exigeaient plus des compétences d’ingénieurs que de journaliste. Avec une orientation exclusive en direction de la publicité, il devenait plus difficile de réaliser des enquêtes de terrain, qui par nature déplaisent aux annonceurs. Hebdogiciel a cessé de paraître, SVM a progressivement cessé la prospective et les enquête, bref on est passé d’une presse de passion à une presse de consommation.

A partir de ce moment, le métier est devenu celui d’un testeur de logiciel ou d’ordinateur et je trouvais cela beaucoup moins amusant. J’ai donc arrêté.

Est-ce que tu as ressenti des différences en fonction des différentes rédactions que tu as côtoyé ?
En fait, les seules rédactions que j'ai vraiment vu, c'etait STMag (Pressimage) et MacWorld. STMag, c'est le petit groupe de passionnés.
MacWorld, quand je les rencontre, c'est une filiale d'une grosse société américaine, l'ambiance est beaucoup plus professionnelle.

As-tu encore des contacts avec de tes anciens collaborateurs ?
La presse micro a beaucoup changée. Les groupes ont disparus (Sepcom, Pressimage, Ixo) ou se sont profondément transformés. Des titres historiques ont disparus. Des centaines de journalistes qui travaillaient sur ce secteur ont du changer de métier.

J’en rencontre quelques uns de temps en temps et il m’arrive d’être en contact avec des patrons de presse que j’ai connu. J’ai gardé quelques amis. L’équipe de « Achetez Micro » par exemple.

Est-ce que tu t’intéresses toujours à la presse informatique et si oui, quelles sont les revues que tu apprécies ?
Je reçois L’Informaticien et j’achète Programmez. A mon sens, c’est le seul mensuel qui reflète un peu ce côté tonique et ludique de l’informatique du moment. Il se passe plein de choses : dans le domaine des interfaces homme machine, de l’intelligence artificielle, de l’utilisation du multimédia, le parallélisme. Sans oublier Linux et l’Open Source qui m’étonnent chaque jour. Pourtant, on ne trouve que difficilement dans la presse papier le reflet de cette intense activité qui rappelle le phénomène micro du début.

Il faut bien reconnaître aussi que pour se tenir informé, Internet est bien plus exhaustif, instantané … et gratuit.

Quelque chose à ajouter ?
Bravo pour votre site, c’est une bonne idée de numériser ces magazines. Si vous voulez, il doit me rester un Génération PC numéro 1 …

Merci beaucoup


Complément d'informations
Pour plus d'informations sur Eric CHARTON, n'hésitez pas à vous rendre sur son site Internet : http://www.echarton.com/

Alain RAYNAUD
Peux-tu te présenter ?
Alain Raynaud, je vis maintenant aux Etats-Unis, dans la Silicon Valley, depuis 1999 avec ma famille. Ingénieur en informatique, je travaille depuis une dizaine d'années pour des startups, soit en hardware soit en software. Ma dernière société en date s'appelle FairSoftware.net et offre a chacun de créer son entreprise de logiciel 100% en ligne, inspiré du modèle collaboratif Open Source.

Peux-tu présenter les revues pour lesquelles tu as travaillé ?
J'ai commence en 1987 avec la revue Pom's, qui était dédiée au monde Apple. A 16 ans, j'avais écris un programme sympa qui imitait l'interface graphique du Mac (tout nouveau a l'époque) sur un Apple II. J'ai envoyé mon code a Pom's et a ma grande surprise ils ont accepte de le publier. En fait je n'ai jamais rencontre personne de visu a cette époque, tout s'est passe par lettre. C'est ce qui m'a permis de rentrer dans ce monde. J'ai continué ensuite a publier quelques programmes, puis j'ai commencé a proposer et écrire des articles hyper-techniques. Le fanzine Ampersand m'a laissé parler de mémoire virtuelle par exemple.

As-tu encore des contacts avec de tes anciens collaborateurs ?
Malheureusement aucun, mais il y avait un turnover tellement fort que les têtes changeaient tout le temps, en tout cas a l'échelle de mes contributions. La presse informatique avait toujours un problème ou un autre. Quand j'allais voir un nouveau rédacteur en chef pour le convaincre de me laisser publier sur un sujet, il me disait toujours que son équipe était déjà au complet. Et je le rassurai en luis disant qu'au rythme de deux articles par an, ce n'est pas moi qui allait mettre qui que ce soit au chômage.

Mais j'aimerais bien avoir des nouvelles et enfin rencontrer certains avec qui j'ai travaillé a distance (merci pour le site, soit dit en passant). J'ai beaucoup appris a leur contact.

Tu as travaillé dans le milieu pendant 10 ans, quels sont les principaux changements que tu as constaté ?
Le plus drôle pour moi, c'est l'évolution: au milieu des années 80, les magazines publiaient du code. En général de l'assembleur, voire du binaire. C'est impensable aujourd'hui bien sur. Egalement, la transition douce pour communiquer, on passe de la Poste au courrier minitel, puis a l'e-mail. La réactivité augmente considérablement.

Sur le fond, ce que j'ai remarque le plus, c'est la transition d'une presse pour informaticiens a une presse grand public. Le contenu est de plus en plus généraliste, les sujets de plus en plus divers. Du coup, certains mois, on avait l'impression de lire de la presse People, le contenu n'était plus intéressant.

Est-ce que tu t’intéresses toujours à la presse informatique et si oui, quelles sont les revues que tu apprécies ?
Je ne suis plus abonné ni n'achète aucune revue informatique papier: l'Internet a tout chamboulé. C'est triste, mais je ne crois pas qu'on puisse y faire grand chose. Maintenant, tout se passe sur les blogs et autres sites d'information en ligne.

Quelque chose à ajouter ?
Merci d'avoir lancé ce site!

Merci beaucoup

Jean-Phlippe ALBA
Peux-tu te présenter ?
Jean-philippe Alba (Jipé), 30 ans. Pigiste dans la presse spécialisée jeux vidéo. J’ai travaillé pour les groupes de presse suivants : Pressimage, Diximedia, Mixicom et aussi à Canal+. Actuellement, je travaille pour l’agence de communication Alerte Orange avec laquelle on a sorti deux livres : Digital games 05 et l’Année du Jeu Vidéo 2006/2007 en collaboration avec l’AFJV (Agence Francaise pour le Jeu Video). A ce propos, le livre collector de 300 pages plus son DVD est en promotion à 10€ et il ne reste plus que 500 exemplaires ! Je pense que c’est une excellente affaire même si je ne suis pas être réellement objectif sur ce coup… Allez jeter un coup d’œil sur le site www.anneedujeuvideo.com pour vous forger votre propre opinion !

Peux-tu présenter les revues pour lesquelles tu as travaillé ?
La liste est longue mais voici quelques titres : Banzzai/Supersonic, Play+, XBM, Total Advance, Total Cube, Total Jeux PC, XP Solutions, PC Solutions, etc. J’ai une petite préférence, très nostalgique, pour les trois premiers exemples de cette liste. Deux périodes (1991-1992 et 2001-2003) où tout restait à inventer et le ton était relativement différent ; attention, je ne renie aucunement le travail des pigistes actuels souvent très bon malgré tout ce qu’on a pu dire.

Est-ce que tu t’intéresses toujours à la presse informatique et si oui, quelles sont les revues que tu apprécies ?
C’est désormais sur Internet que tout se passe. J’apprécie travailler dans ce milieu et voir les collègues (même concurrents) ; je lis régulièrement gamekult, jeuxvideo.com, jeuxactu.com. En ce qui concerne la presse spécialisée, je suis moins au fait qu’auparavant mais j’apprécie tout particulièrement les initiatives qui sortent de l’ordinaire et qui privilégient autant la forme que le fond : Dofus Mag me vient à l’esprit par exemple (beau papier, beaux visuels et bien écrit même si trop centralisé sur leurs jeux vidéo).

Si tu es toujours dans le monde du jeu vidéo, peux-tu en dire un peu plus sur ton travail ?
C’est un travail avec pas mal de pression, des dates de bouclage et beaucoup d’information à gérer en même temps. Il faut donc être très organisé et ne pas avoir peur de faire des heures supp. : « travailler plus, pour gagner plus » n’est pas réellement un slogan valable dans l’industrie du jeu vidéo comme pour beaucoup d’autres. Mais c’est un travail captivant avec beaucoup de gens différents et très intéressants. Pour faire court, c’est encore un milieu de passionnés pour des passionnés même si cela a pu entacher le secteur par le passé. Il faut désormais ouvrir le jeu vidéo au plus grand nombre ; en tout cas, que les médias généralistes s’y intéressent de plus près sans devoir transporter à chaque fois des idées reçues sans aucun fondement.

Quelque chose à ajouter ?
Longue vie au retrogaming, aux initiatives gargantuesques comme la vôtre et à toutes les personnes qui pensent que le jeu vidéo est une forme d’art à part entière (le débat en devient presque stérile de nos jours). J’en profite pour faire un peu de promo et étayer la remarque précédente : rendez-vous sur www.digitalgames.fr pour avoir quelques news croustillantes sur la culture et le jeu vidéo. On essaye de faire avancer le schmilblick tout comme vous et montrer qu’il existe des synergies évidentes entre le cinéma, la BD, les mangas, la musique et le jeu vidéo. Bon, c’est pas Telerama non plus et on ne se prend surtout pas au sérieux (le jeu vidéo doit rester un loisir avant tout !).

Merci beaucoup

Stéphane ANQUETIL
Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Stéphane ANQUETIL et je suis un ancien pigiste de la revue AmigaDream et un ancien fervent amigaïste. Aujourd’hui je suis un des fondateurs de 3D Weave, qui est une des premières agence d’illustration 3D de Paris.

Peux-tu présenter la revue Amiga Dream ?
Alors je suis mal positionné pour commenter le journal, vu que je suis arrivé par hasard pour remplacer une personne qui n’avait plus le temps d’écrire pour la rubrique « Domaine Public ». Une section importante du mag (de 3 à 5 pages) qui équivaudrait aujourd’hui à la partie « Download ».
Ce que je retiens, c’est qu’à l’époque AmigaDream était le premier magazine Amiga avec une une mise en page en couleur, une maquette professionnelle et pas mal d’illustrations délirantes (la Dreamette). Loin de moi l’idée de dévaloriser les autres mags Amiga de l’époque, qui avait aussi leurs qualités et leurs défauts, mais AmigaDream a été le premier mensuel qui avait une qualité professionnelle je dirai.

Quelle était l'ambiance au sein du magazine ?
Je n’étais pas sur Paris, j’écrivais depuis ma Normandie natale. Pour l’anecdote, je recevais des disquettes qu’on m’envoyait ou je recevais des programmes de lecteurs. Je testais le maximum par pure passion, et je gardai le meilleur pour ma rubrique. Je livrai des captures d’écrans en IFF et mes articles en .txt sur disquettes que je postai ensuite. Je me rappelle de courses mémorables en vélo avec mon colis de disquettes pour parvenir à temps à la Poste avant la levée afin que ça arrive à Paris avant le bouclage !!! Il y’avait une descente en faux-plat de 4km, mon vélo de course s’en souvient encore.
A l’époque, on transitait tout par disquettes, les disques durs portables n’existait pas en dehors des coûteux Syquest SCSI et mon modem n’était qu’un 14000 bds ! Internet n’était pas accessible au public ni aux petites entreprises. A la rigueur, on pouvait se connecter sur des BBS comme Ramses qui proposait un accès à Fidonet et un email. J’avais des factures de téléphone de 1800 FF tous les deux mois, ma mère râlait !

As-tu encore des contacts avec tes anciens collègues de l'époque ?
J’ai encore des contacts avec Romain Canonge, qui a depuis créé une agence d’édition : AdTatum. Il m’arrive souvent via mon travail ou Internet que les gens parlent de l’Amiga ou racontent leurs débuts en informatique avec. C’est plus qu’une machine, c’est un vrai état d’esprit qui a marqué profondément des tas de jeunes qui sont devenus depuis programmeurs, développeurs, webdesigners, graphiste, etc.

Est-ce que tu t’intéresses toujours à la presse informatique et si oui, quelles sont les revues que tu apprécies ?
Comme beaucoup, je suis passé sur PC – je n’ai jamais pu supporter les MAC et leur esprit faussement élitiste, et puis la souris à un bouton, ce n’était pas mon truc. C’est vrai que la fin de la génération d’ordinateurs dit 32bits comme l’Amiga et l’AtariST a aussi sonné le glas d’une certaine façon de faire de l’informatique : créer soi-même, comprendre comment fonctionne le système, le bidouiller, personnaliser à fond son OS. Même la façon de dessiner a changé, d’un mode palette sous DeluxePaint ou autre, on passait à PhotoShop et 16 millions de couleurs facilement. L’état d’esprit a complètement changé. On est passé un marché de passionné à un marché de masse.
Aujourd’hui, je n’achète que deux magazines, CanardPC, qui est sans doute le seul journal PC indépendant, avec un vrai état d’esprit (d’ailleurs il y a des vieux trentenaires comme moi dedans). CanardPC parle notamment de la scène de jeu indépendante.
J’aime bien aussi ChronicArt qui ne parle pas que d’informatique et de jeu vidéo, dont la lecture est aride (ils aiment bien s’auto-référencer, se la jouer gros intellos) mais qui déniche des BD, musiques, DVD autre que la grosse purée mainstream.
Je crois que l’Amiga et l’Atari ont engendrés des utilisateurs « qui n’aime pas faire comme tout le monde » ;^)

As-tu encore un Amiga et t'arrive-t-il de l'utiliser ?
Oui, je n’ai jamais pu me résoudre m’en séparer ! J’ai donc encore mon premier Amiga2000 boosté, qui encombre mon salon. Un des disques dur est HS mais il marche encore (il a même fallu le remettre à l’heure pour 2008). Il tourne sous Workbench 2.1 et 68020 avec 2 Mo de Fast RAM, deux lecteurs et 2 disques durs. J’ai essayé de mettre mes enfants dessus, mais ils sont encore trop jeunes. C’est la misère pour reprendre des fichiers dessus ! Pas d’USB, pas de graveur de CD-rom, plus de PC en port serie pour faire du NULL Modem avec… si quelqu’un a une solution, HELP !
Enfin, il y a un Amiga1200 boosté en 68030, IDE, 4Mo de RAM et monté en tower avec lecteur PC HD par DeltaGraph’X qui occupe encore un placard chez mes parents ! J’ai eu aussi un A1200 classique mais que j’ai revendu à l’époque.

Que t’a apporté l’Amiga dans ton travail ?
L’Amiga était assez polyvalent pour qu’on touche à tout. Ce que j’ai appris à l’époque en dessinant des icônes au pixel près me sert encore aujourd’hui. Et puis c’est grâce à ma connaissance de SCALA que j’ai pu décrocher mon premier travail en tant qu’infographiste en Bretagne.

Qu’elles idées étaient présentes sur l’Amiga qui mériterait d’être reprise aujourd’hui ?
Je regrette qu’aujourd’hui on résume l’histoire de l’informatique à l’apparition de l’Apple II, du premier Mac et de Windows sur PC. C’est complètement faux.
L’Amiga avait pleins de bonnes idées et le milieu très actif des développeurs permettait de personnaliser le système dans des proportions impossibles aujourd’hui. Je retiens encore les datatypes et l’idée du multi-écran.
Le multi-écrans en multitâche, c’était vraiment la possibilité de changer de résolution selon les applications et de basculer entre elles à la vitesse de l’éclair. Surtout pouvoir baisser la barre en haut pour voir le programme en dessous malgré des interfaces de résolutions différentes, c’était génial ! Les interfaces à base de fenêtres sont complètement idiotes, on passe son temps à repositionner les palettes et les fenêtres !
Et puis je ne voudrais pas dire, mais on avait un système complet qui tournait avec 1Mo de RAM, alors de qui se moque t-on ?
Quant aux datatypes, c’était la possibilité pour un développeur de faire un import/export compatible avec toutes les applications, parce que géré par l’OS. Autrement dit, la fin des incompatibilités. N’importe quel programme aurait pu lire n’importe quel format plutôt que chacun continue de développer dans son coin la prise en charge de tel ou tel format.

Que penses-tu de la communauté amigaïste française ?
L’actuelle, je n’en pense rien, car je ne la connais pas. A l’époque, il faut souligner que c’était un petit monde, mais avec des clivages assez importants. Je me rappelle de débats interminables, de véritables enguirlandades ! Ce n’était pas idyllique, chacun voyait l’Amiga d’une certaine façon. Il y avait la guéguerre Amiga-Atari, puis Amiga vs PC. Enfin, les Amigaïstes étaient divisés par leur configuration matérielle.
D’un côté ceux qui pouvait s’acheter un disque dur, des cartes accélératrices, de la FastRAM et qui pouvrait donc découvrir le Workbench et l’OS en général d’une façon extraordinaire. Avec un peu de RAM et un disque dur, l’Amiga devenait l’ordinateur le plus agréable à utiliser du monde ! De l’autre, ceux qui n’avait qu’un petit Amiga (500 ou 600) et juste un deuxième lecteur de disquette. Ca limitait forcément aux jeux et aux démos et à de la programmation très orientée « bidouille ».
Du coup, il y avait souvent un monde entre les joueurs, les pirates et les démo-marker et de l’autres les développeurs d’utilitaires ou de produits plus professionnels. Évidemment, ces « frontières » était très perméables, on pouvait tout apprécier sur Amiga. On pouvait créer de la musique avec Protracker sur deux disquettes, ou s’essayer au graphisme avec DPaint, ou à la programmation avec AMOS ou l’assembleur pour les plus courageux ! Sans compter les premiers programmes de 3D comme Sculpt ou Imagine. Personnellement, j’avais acheté (très cher) Aladdin 4D, puis je suis passé sous Lightwave. C’est marrant d’en faire son métier des années après.
Mais comme le marché était petit, cela cloisonnait encore plus les débouchés professionnels et les ventes. Du coup, les sociétés françaises était en concurrences et ça bataillait ferme parfois !
D’un autre côté à cette époque, il suffisait d’être deux ou trois pour sortir un jeu, une démo ou un produit.
Les passionnés se regroupaient en clubs, associations, groupe de démomakers, etc… Il y avait une activité associative énorme (Le Buggs, Atacom, Belier Production, Corsair pour ne citer que ceux que je connaissais). Certains organisaient des salons, des démo-party, etc. Les gens se regroupaient et s’entassait dans les voitures pour y aller, c’était la bonne époque ! Maintenant, quel salon informatique fait rêver ?

Quelque chose à ajouter ?
Oui, Dream était un bon magazine qui essayait de véhiculer une image positive, optimiste et professionnelle de la machine. A relire les pages scannées sur ton site, je suis surpris de la qualité des articles, du souci de couvrir pleins de domaines différents. Bon évidemment, dans le genre article sur tout, même le plus obscur programme inconnu, ANews était imbattable. Personnellement, AmigaDream a été mon premier vrai salaire, en plus sur ma passion, la rédac’ et Romain notamment ont toujours été hyper professionnels et sympa avec moi, j’en garde un excellent souvenir.

Merci beaucoup


Complément d'informations
Email de Stéphane ANQUETIL : stephane.anquetil@gmail.comNOSPAM

RayXambeR
Je m'appelle RayXambeR et c'est un pseudo que j'affectionne puisqu'il rend hommage au jeu Rayxanber 2 sur Nec, magnifique shoot'em up réputé pour son immense difficulté. Je joue depuis l'âge de 10 ans environ, date à laquelle mes parents ont acheté une Mattel Intellivision.
Je réalise deux fanzines réalisés avec une équipe de passionnés plus ou moins réguliers : ReVival et ST Magazine nouvelle génération. Si je tiens beaucoup à l'appellation fanzine, je sais que cela a parfois un côté négatif quand bien même le contenu soit de qualité, ce qui j'espère est le cas ! Car nous mettons beaucoup pour proposer des articles de fond, intéressants et originaux avec une vraie qualité rédactionnelle.
Et malgré certains écueils que la réalisation de telles publications engendrent, cela a été l'occasion - et l'est encore - de faire de chouettes rencontres avec des personnes estimables avec un état d'esprit irréprochable.

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Pour la petite histoire, tout a commencé fin 1997 avec ReVival, 100% jeu vidéo homebrew et retrogaming. On peut donc facilement concéder qu'il était largement en avance sur son temps puisque la tendance au rétro est relativement récente. Mais c'est surtout la face cachée des consoles, le fait que de nouveaux jeux soient développés sur des machines obsolètes qui nous intéressent et nous fascinent. A plus forte raison que l'on prend beaucoup de plaisir sur ces consoles oubliées, avec des sensations de jeu que l'on ne trouve plus forcément actuellement. A noter que ReVival existe aussi en version anglaise principalement grâce au colossal travail de Didier Briel. Sans lui ReVival anglais n'existerait pas.

Pour ST Magazine c'est différent. J'ai lancé AtTOS quelques années après ReVival pour combler l'absence de publication sur les ordinateurs Atari, gamme de machines que j'adore. Puis, arrivé au numéro 7, Godefroy de Maupéou m'a gentiment proposé de reprendre le nom mythique de STMag trouvant dans AtTOS toutes les qualités requises pour poursuivre l'aventure. Comme ReVival, ST Magazine existe aussi en anglais. Et là encore, STMag n'existerait certainement plus sans quelqu'un comme Stéphane Pérez.

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Le futur n'est jamais simple. Car tout est fait sur le (maigre) temps libre que chacun fait l'effort de prendre et ce n'est pas toujours facile à gérer ! Cependant, vu le nombre de numéros proposés, je crois qu'on fait bien notre "travail" en privilégiant le contenu, le fond à la seule forme (mais on propose un niveau de maquettage plus que satisfaisant, habile compromis entre lisibilité et temps passé à le faire !). Nos articles, nos tests sont très approfondis et chaque anecdote, information est vérifiée.

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A titre personnel, je participe depuis plusieurs années à différentes publications. Ce fut le cas avec Les Puces Informatiques, Virus Informatique et Pocket Magazine des éditions ACBM, expériences très formatrices. Je ne peux qu'être reconnaissant envers Olivier Aichelbaum de m'avoir appris certaines choses qui me sont très utiles. Puis j'ai aussi participé à un numéro de Retrogame, expérience restée sans lendemain.
Actuellement j'écris parfois pour AVosMac (car on peut aimer les Atari et avoir un mac aussi !) ainsi régulièrement pour les Editions Pix'n Love qui sont deux très bons magazines, faits par de vrais passionnés mais désireux - et on les comprend - d'arriver à vivre de leur passion. Ca vaut le coup de leur donner un coup de main et ainsi faire partie de l'aventure car il y a des gens très attachants. Le phénomène Pix'N Love commence vraiment à prendre de l'ampleur et ça fait bien plaisir !

Merci beaucoup à RayXambeR pour cette présentation
Je me permets de la compléter par quelques questions.

Que penses-tu de la communauté Atari ?
Je dis ça car en lisant le newsgroup fr.comp.sys.atari, j'ai été effaré devant certains messages en rapport avec la sortie du nouveau ST Magazine.
J'ai été moi-même effaré. Le fcsa est surprenant dans ses réactions. Il faut savoir en faire fi car seulement quelques personnes font que tout dérive. Ce n'est pas le cas sur d'autres forums comme celui de ST Magazine ou de Yaronet, sur lesquels on trouve des personnes nettement plus ouvertes d'esprit. Et c'est pour ces gens-là, et ceux que l'on ne voit pas sur les forums, que ST Magazine continue de sortir.
La communauté Atari est dans l'ensemble restreinte mais continue de produire de belles choses, que ce soit au niveau hardware ou software avec pas mal de jeux, de démos intéressantes. C'est sûr que le monde Atari n'a plus le lustre d'antan et que les machines ne permettent plus de rivaliser avec les Pc et les Mac d'aujourd'hui. Cela dit leur facilité d'utilisation et leur capacité encore bien correctes permettent de s'amuser, de prendre du plaisir que ce soit à les utiliser ou à les programmer. Les nombreuses coding-party prouvent que cette gamme d'ordinateurs est très prisée par les programmeurs-hobbyistes.

Quelle est l'organisation du journal ?
Par cette question, je voudrais savoir comment tu gères la création de ce journal avec les autres collaborateurs.
Est-ce que tu décides de sujets à aborder, puis tu distribues ces sujets aux membres de l'équipe, en leur disant qu'ils ont 2 mois pour te rendre leur papier. Ou bien, chaque membre de l'équipe est libre de traiter le sujet qu'il veut.
C'est un peu un mix des deux en fait !
Pour ST Magazine, on a créé un lidie, c'est-à-dire une liste de diffusion. Lorsque qq'un envoie un mail à une certaine adresse, tout le monde le reçoit. Même chose lorsqu'on y répond. Les choses avancent assez vite ainsi.
On a aussi un Wiki privé sur lequel n'importe qui peut mettre à jour le sommaire ou les projets.
A partir de là, c'est moi qui établit le sommaire prévisionnel, le transmet aux autres et on évolue ensuite.
Je donne une date butoir qui peut cependant fluctuer selon les difficultés du moment ou le manque de temps pour le faire.
Pour les sujets, je suis ouvert à toute proposition à partir du moment où elle a un sens et un intérêt pour les lecteurs, le but n'étant pas du tout de faire du remplissage. Les 36 pages d'un ST Magazine et les 44 d'un ReVival sont bourrées à craquer de rédactionnel et rien d'autre !
Il faut reconnaître que le nombre de rédacteurs différents dans STMag est très faible, trop peut-être. Strider notamment et aussi Tmi par exemple font un travail remarquable. Paul pour le site aussi et Didier pour les traductions anglaises (car STMag existe aussi dans cette langue). Donc tout le monde est le bienvenu pour proposer ses services quant à l'écriture et la participation à STMag.

Quand un membre de l'équipe te rend un article, est-ce qu'il est publié en l'état, ou bien, est-ce que tu retouches avant le texte ?
Absolument pas. Je le relis avec précision et y apporte les modifications nécessaires, au niveau syntaxe ou orthographe. Lorsque je ne comprends pas qqchose, je fais un retour au rédacteur en lui renvoyant son fichier. Et ainsi de suite jusqu'à que ça (me) convienne. Il y a aussi des contraintes au niveau de l'écriture, éviter les répétitions, les phrases à rallonge, les guillemets s'il y en a trop, etc. J'impose de mettre les titres en gras, les noms anglicistes en italique, etc. Mine de rien ces petites choses sont très irritantes à la longue à corriger. Ca m'est arrivé une fois d'oublier de relire un article et il y restait bcp de fautes d'orthographe dedans, j'avais un peu honte. En même temps je ne suis pas un robot non plus et ça peut arriver !

Pour la maquette on a épuisé déjà pas mal de maquetteurs différents depuis le début. J'ai commencé puis d'autres ont pris le relais et l'ont laissé. Actuellement, c'est de nouveau ma pomme qui s'en occupe mais avec une maquette déjà préparée, cela va relativement vite. Ca prend quand même plusieurs soirées ! L'intérêt est que ça évite de regarder la télé et qu'on ne perd pas son temps ainsi ! Faut voir le bon côté des choses, non ? ;-)
Mais si une bonne âme souhaite participer en s'occupant de maquetter STMag, elle est la bienvenue !

Jérôme Darnaudet
Cette interview a été réalisée par MikeeMike_2008

1/ Présentation des membres de l'équipe
Canard PC a été fondé par une partie de l'équipe ayant réalisé Joystick jusqu'à l'été 2003. Les membres fondateurs sont ackboo, Captain ta race, Gana, Ivan le fou et Lord casque noir. On a toutefois collaboré et collaborent encore avec l'ancienne équipe de Joystick, Fishbone, Bob Arctor, Monsieur pomme de terre et le dessinateur Didier Couly.

De nouveaux arrivant ont depuis largement renforcé l'équipe avec, entre autre, El Gringo, Omar Boulon, Théanor, Emile Zoulou, Doc Teraboule ainsi que quelques participants apparaissant plus épisodiquement.

Le magazine reste toutefois fidèle à son esprit du début et s'est récemment enrichi d'une seconde publication : Canard PC Hardware, bien plus sérieuse et s'adressant à un plus grand nombre.

2/ La génèse de Canard PC
Le but de ce nouveau magazines lancé en novembre 2003 a été de conserver une totale indépendance éditoriale, ce qui n'aurait peut-être pas été possible suite au rachat de Joystick par la société Future France désormais Yellow Media.

Le concept reste cependant le même : de l'information sérieuse sur le fond et un ton déconnant sur la forme, d'où le nom de Canard PC, le magazine qui récure les jeux vidéo (enfin, normalement).

De part son concept indépendant, Canard PC ne comporte que très peu de publicité et vit principalement de ses ventes, ce qui en fait un ovni dans la presse vidéo ludique. Ainsi, les ventes progressent régulièrement de 5% par an et s'accélèrent là où les journaux concurrents enregistrent des baissent allant jusqu'à 30% chaque année.

3/ Présentation de l'actuel Canard PC
Hebdomadaire les trois premières années, il a cependant dû passer bimensuel (2 fois par mois) pour des raisons de rentabilité. On y retrouve des tests, des "à venir", du hardware, des dossiers, des news, des dessins débiles, des papiers cul-tures, et même des mots croisés.

Jean Marc GASNOT
Peux-tu te présenter ?
Peux-tu présenter les revues pour lesquelles tu as travaillé ?
Etais-tu en contact avec le reste de l'équipe, et si oui, quelle était l'ambiance ?
Salut fredo, je suis le maquettiste, ou l’un des maquettistes, suivant les revues que tu proposes dans ton menu délicieux. J’ai commencé par un mag que tu a oublié parce-que sans doute tu n’étais sans doute pas encore né. C’est micro7 de chez Hachette Filipacchi.
Puis Hebdogiciel, un excellent souvenir, une ambiance autant boulot que décontraction. Un moment qui m’a particulièrement plu, c’était la conception du journal parodique, celui où l’on devait parodier d’autre revues.
Ensuite j’ai pris le numéro MSXnews qui était fabriqué dans une arrière-boutique d’un magasin de vente de jeux électronique. C’était le tout début de la vente des jeux. Puis il est devenu MicroNews. Il a duré vraiment longtemps et tout se passait dans une bonne ambiance aussi, la direction était vraiment sympa et j’y ai beaucoup appris. C’est là que j’ai fait le premier magasine réalisé sur ordi de bureau et vendu en kiosque. Plutôt marrant le challenge. Pour la rigolade il fut racheté par les éditions Ventillard, un groupe qui avait aussi le hérisson comme produit phare ! Lol… Ce fut une fin rapide… Nous étions vraiment considérés comme des bêtes curieuses par les autres rédacteurs du groupe. Bref, c’était prévisible..

Puis Player one, un peu moins déjanté mais pas mal quand même. Les rédacteurs qui faisaient la nuit et tombaient parfois de fatigue pour ne pas avoir mangé et dormi pendant deux jours pour tester un jeu… Je ne peux pas tout dire, mais il y avait quand même des trucs plutôt décalés aussi…

Bref partout une bonne ambiance et du coup a écrire tout ça je me prends à la nostalgie du brontosaure.

As-tu encore des contacts avec tes anciens collègues de l'époque ?
Je n’ai plus de contact malheureusement avec mes anciens collègues, je suis dans une voie plus commerciale, la communication sur la Toile, enfin c’est un projet qui est dans le bac. Et l’âge avançant, la rigolade c’est que le dimanche maintenant.

Est-ce une source de satisfaction pour toi de savoir que des internautes prennent encore aujourd'hui du plaisir à consulter des magazines auxquels tu as participé ?
En tous cas, le fait que tu ai eu l’audace de mettre ces collectors en ligne est excellent, et ça m’étonne que des personnes soient encore attachées à ces revues. Sans doute que c’étaient les dernières à oser mélanger l’austérité du code et l’abstraction des convenances.
Peut-être faudrait-il penser à en remettre une couche ? En tous cas, je n’ai jamais retrouvé un tel niveau de décrochage que dans la rédaction de ces mags !

Quelque chose à ajouter ?
En tous cas félicitation pour cet énorme boulot !

Eric VON ASCHEBERG
Peux-tu te présenter ?
Né en France, j’ai vécu aux États-Unis jusqu’à l’âge de 10 ans. J’ai appris à lire et écrire en français juste avant d’entrer en 6e… ça n’a pas été facile. J’ai découvert l’informatique avec un livre sur le Basic quand j’étais en 3e et en passant des heures sur le premier Commodore PET 2001 (http://en.wikipedia.org/wiki/Commodore_PET) en libre accès au dernier étage du magasin Le Printemps lors de l’été 1980. J’ai créé le club informatique de mon lycée en entrant en seconde (ce qui m’a permis d’accéder à beaucoup de matériel, dont des Apple II), dont j’ai été président pendant trois ans.

L’année de la Première, j’ai participé au concours d’Othello/Reversi organisé par le magazine l’Ordinateur Individuel. Comme j’ai fini deuxième, j’ai été contacté par pas mal d’éditeurs à recherche de développeurs. J’ai créé plusieurs logiciels (jeux et éducatifs) pour Hachette (essentiellement pour l’ordinateur Alice) puis pour Sanyo qui lancé le PHC-25. Sanyo a ensuite proposé le premier ordinateur MSX en France. La norme MSX était pilotée par Microsoft et avait pour ambition de réunir des grands noms (comme Sony ou Philips) pour offrir un micro-ordinateur familial puissant et compatible. Les MSX puis MSX2 ont été dépassés commercialement par l’Atari ST et l’Amstrad CPC avant que les « Compatibles PC » ne mettent tout le monde d’accord. Mes parents étaient un peu inquiets de mes activités extrascolaires car, à l’époque, l’informatique ne paraissait vraiment pas un domaine très sûr, ni même très prometteur… mais dès lors que j’ai eu mon bac C, ils m’ont laissé faire à ma guise.

En tant que développeur de logiciels, j’ai été interviewé par les magazines Tilt, Standard MSX et MSX Magazine en 1985. Daniel Martin, qui était la « référence » du MSX francophone, a suggéré à l’éditeur de Micros MSX de me confier une petite rubrique sur la programmation (je crois que c’était sur l’assembleur Z80).
Comme je ne me débrouillais pas trop mal au niveau de l’écriture, on m’a confié de plus en plus d’articles. J’ai fini par abandonner mes études d’ingénieur et obtenir un diplôme de journaliste (au CFPJ). J’étais à l’époque le plus jeune journaliste à obtenir la carte de presse définitive (j’ai sûrement été battu depuis).

Peux-tu présenter les revues auxquelles tu as participé ?
Ça risque d’être un peu long alors je vais en sauter quelque unes. La première revue dans laquelle j’ai publiée des articles était « Standard MSX » puis « Micros MSX » du même éditeur pour laquelle j’ai fini rédacteur en chef adjoint. Je suis parti avec la femme de l’éditeur dont j’ai eu quatre enfants par la suite donc… pas en très bons termes.
J’ai travaillé à Soft et Micro à la grande époque avec mon ami Didier Ranglaret (sans doute le meilleur rédacteur que j’ai connu et un extraordinaire connaisseur du vin), puis beaucoup pour le groupe Tests. J’ai monté une agence de presse en 1991 qui a notamment traité l’intégralité des tests NSTL (un grand laboratoire américain) pour le groupe Tests pendant plusieurs années. Nous avons aussi réalisé sur l’agence de nombreux hors-séries, pour le Nouvel Observateur et l’Express, dans le cadre de leur partenariat avec Tests. En 1995, j’ai créé, avec Godefroy Giudicelli du groupe Pressimage, Micro Achat puis toute une série de petits magazines : PC Drivers, Vidéo Numérique Magazine, MP3 Magazine et… quelques autres ! En 1999, j’ai créé le site Internet actumicro.com qui a rapidement été classé parmi les 10 plus gros sites français par Médiamétrie. En janvier 2000, le numéro 40 de Micro Achat faisait 750 pages, soit le plus gros mensuel jamais publié en France. Ça reste à ce jour le record dans l’histoire de la presse française. En septembre 2000, tous les magazines, ainsi que le site Internet, ont été vendus au groupe Infosources/IXO, alors première valeur du second marché, pour un peu plus de 12 millions d’euros.

J’ai ensuite pris pas mal de recul. J’ai déménagé au Luxembourg et j’ai travaillé en tant que rédacteur en chef et directeur de la rédaction sur l’Acheteur Micro, Utilitaires Pro et une quinzaine d’autres titres jusqu’en mars 2007 où j’ai déménagé à l’Île Maurice et progressivement arrêté toute activité de presse. Aujourd’hui, j’interviens sur des projets immobiliers et Internet.

Quelle était l'ambiance au sein de ces magazines ?
Je garde un très bon souvenir de l’époque du MSX… il y avait beaucoup de passion et on découvrait presque chaque mois une révolution technologique. C’est sur MSX que j’ai vu ma première photo numérique. C’est sur MSX que j’ai découvert la première interface vidéo qui permettait de « digitaliser » en temps réel, etc. Pour vous donner une idée de l’enthousiasme que le MSX a suscité, le livre « Pratique du MSX2 » que j’ai écrit en 1987 est encore en téléchargement sur Internet, sur des sites animés par des passionnés. Je trouve cela assez incroyable. C’est la preuve que je ne suis pas le seul à avoir gardé un bon souvenir des débuts.

L’époque de Micro Achat est aussi unique : on se battait contre Ziff Davis qui était alors le n°1 mondial et qui cartonnait en France avec PC Direct. On était une toute petite équipe mais on arrivait à dominer nos concurrents en étant ultra agressifs et en allant toujours plus loin, parfois trop loin sans doute, mais nous étions jeunes et inconscients (je crois qu’il faut parfois l’être pour faire certaines choses qui, avec de la chance, arrivent même à fonctionner). On a presque atteint 140 000 ventes mensuelles en kiosque sur les meilleurs numéros. C’était une autre époque.

On s’est beaucoup, beaucoup amusés. Cinq années de 1995 à 2000 à rire et à rendre tout le monde fou (nos concurrents, mais aussi notre éditeur, nos partenaires et parfois nos lecteurs !) avec au milieu, la France qui gagne la Coupe du Monde et qui célèbre et assume sa nature black-blanc-beur. À l’époque, je crois que j’ai même fait la paix avec Olivier Aichelbaum du Virus Informatique et Marc Prieur de hardware.fr… c’est pour dire si la valeur « fraternité » était revenue au goût du jour à ce moment-là. On s’amusait du « bug de l’an 2000 », on s’amusait de la chance insolente qu’on avait.

Te souviens-tu de quelques anecdotes amusantes ?
Je pourrais faire un livre… vers 1998, j’ai fait une interview de Bill Gates pendant qu’il se changeait dans la voiture parce qu’il devait rejoindre d’urgence l’héliport du Sofitel pour aller visiter la cathédrale de Chartres avec ses parents. Bill Gates en slip ? Non je n’ai pas la photo !
Une autre fois, une attachée de presse m’appelle, désespérée, parce qu’elle n’a personne pour venir à la conférence de presse de son nouveau client… une petite boîte texane appelée Dell. Du coup, je crois qu’on était trois ou quatre et que j’ai parlé une heure avec Michael Dell. C’était passionnant de découvrir la vision qu’il avait de ce qu’il allait faire… très impressionnant.
Je me souviens aussi d’une discussion avec Jean-Philippe Courtois quand il a été nommé Directeur Général de Microsoft France, il était vraiment embêté parce qu’il allait être obligé d’arrêter ses entraînements de foot.

Autre moment mémorable : la couverture de Micro Achat pour le lancement de l’AMD K6 ! Nous avions repris l’idée de La Liberté Guidant le Peuple pour suggérer qu’il existait enfin une alternative en matière de processeurs. On a réalisé un véritable carton et le magazine a été présenté à la direction générale américaine d’AMD… avec un scotch judicieusement placé pour masquer les seins du mannequin. Les américains ne comprenaient pas qu’on puisse publier cela en France !
Aussi, pour la couverture du numéro de 750 pages, j’avais annoncé à mon maquettiste Thierry que j’allais déguiser Laetitia Casta en mère Noël. Comme on a finalement choisi une autre option pour la couverture, Thierry a été très déçu et s’est vengé en modifiant l’ours du magazine (le pavé avec le nom des intervenants) : à la place de « Rédacteur en chef », il a mis « Roi du monde ». Ça m’a causé quelques soucis.

Quelque chose à ajouter ?
Habiter à l’étranger donne une vision différente du monde. Quand j’apprends que, selon un sondage, les afghans ont plus le moral que les français, je me dis que quelque chose ne va pas. L’Île Maurice est un pays magnifique… pauvre par rapport à la France, mais personne ne dort dans la rue ! Dans l’ensemble, les mauriciens ont peu d’argent mais une véritable joie de vivre : ils font des barbecues, ils jouent au foot… des choses simples mais ils profitent de la vie.
La pauvreté, c’est un vrai souci en France. C’est une situation inacceptable pour la 5e puissance économique au monde ! On devrait arriver à faire au moins aussi bien qu’à l’Île Maurice et loger tout le monde.

Il ne faut pas que les gens en France perdent espoir. La devise « Travail, Famille, Patrie » ne doit pas tendre à se substituer à « Liberté, Égalité, Fraternité ».
La fraternité, en particulier, est ce que nous avons de plus précieux. La fraternité, elle ne se décrète pas par une loi. Ce n’est au gouvernement ou au Président de l’imposer… c’est à chacun, à son échelle, aussi petite soit-elle, de la cultiver.

Merci beaucoup !

Quelques illustrations

Vincent FAUCHEUX
Bonjour,

En septembre 2008, suite à l'arrêt des magazines papier concernant le radio-amateurisme et l'électronique, j'ai commencé ce magazine.
Malgré mes demandes, personne n'a souhaité participer avec moi, je l'ai créé seul, de la conception, à la réalisation et la distribution, cela me prenait toutes mes soirées (je travaille la journée). Les gens m'envoyaient des articles (texte + photos) et je faisait tout le reste.
J'ai proposé ce magazine gratuit, distribué en format pdf par email, et le nombre d'abonnés à dépassé les 6000.
Cependant, le gratuit ne plait pas et après plusieurs menaces et tentatives d'intimidations, j'ai décidé d'arrêter l'aventure fin 2010.

Depuis je suis devenu aussi écrivain, mon premier roman sortira en librairies à la fin de l'année :
"des terrils aux montagnes", Vincent Faucheux, éditions velours

Deux autres livres sont disponibles ici :

"Retour en avant", roman fantastique
http://www.thebookedition.com/retour-en-avant-de-vincent-faucheux-p-82395.html

"CQD Titanic", nouvelle fantastique
http://www.thebookedition.com/cqd-titanic-de-vincent-faucheux-p-79388.html
(nouvelle publiée en plusieurs épisodes dans le magazine ham-mag)

Pour ceux qui seraient intéressés, voici mon lien facebook :
http://www.facebook.com/vfaucheux

Cordialement,
Vincent Faucheux

Bruno de la BOISSERIE
Bonjour,

Le bulletin, qui était la seule vraie activité du club, était très artisanal : les membres m'envoyaient leurs listings et dessins, je tapais à la machine à écrire le reste des articles (pas d'imprimante, c'était mon seul ordinateur à l'époque) et j'allais photocopier le tout à Paris pour payer moins cher.

J'avais créé ce club en ciblant les lycéens et étudiants (comme moi) au budget serré, pour lesquels l'autre club existant, le club C7, revenait trop cher. Grace aux nombreux contributeurs bénévoles, le contenu s'est bien enrichi au fil des mois et je pense que l'émulation a fait du bien à tout le monde. Mais il faut relativiser, avec une centaine d'adhérents, la diffusion restait confidentielle. Canon communiquait alors sur des ventes d'environ 30000 à 40000 exemplaires !

Comme souvent, cela a été une belle expérience qui m'a permis pas mal de rencontres. Je n'ai pas été surpris de retrouver des membres du club devenir des acteurs connus de l'informatique et du web, par exemple Pierre Col : http://www.zdnet.fr/blogs/infra-net/

Une anecdote pour terminer : c'est sur mon X-07 que j'ai commencé à jouer régulièrement au jeu d'Othello (alias Reversi), très à la mode à l'époque ; en l'occurence sur le programme "Rix" de Jean-Jacques Rousseau, publié dans le livre "Applications en assembleur dans l'univers du X-07" : (voir http://www.silicium.org/site/documents/x07/x-07_apps_asm.pdf page 138 à 144). Comme j'avais du mal à le battre aux niveaux élevés, je me suis inscrit à la fédération française d'Othello ( http://www.ffothello.org/ ) dont j'ai été secrétaire quelques années ensuite. Ceux que le sujet amuse peuvent trouver un vieux site web que j'avais créé sur ce thème : http://brunodlb.pagesperso-orange.fr/

Bruno

LeLapin
Peux-tu te présenter ?
Depuis une vingtaine d'année, je suis plus connu comme LeLapin, mais à l'origine, c'était juste "lapin".

Pourquoi ce nick ?
C'est pas un nickname du Net. C'est un vrai surnom confraternel et collégial. Ça a un rapporte avec la Chevauchée de Walkyries...

Heu... C'est quoi le rapport ?
*UN SEUL MEC* m'a un jour terminé l'explication à tiroirs. Ce genre de culture geek croisée que j'affectionne.

Pour le contexte, grand amateur (y compris des premières VF, qui n'étaient pas si mal) des cartoons américains des 60-70s, je ne manquais pas de connaître par cœur ce bijou : http://www.toonjet.com/cartoon/44/LooneyTunes/Whats-Opera-Doc/

Or, en 1984, un des premiers jeux qui sortent pour le Mac est Airborne : http://www.youtube.com/watch?v=7G7R9lV9eVY

Rajoutez que Micro-Presse avait une rédaction open-space, avec Golden et OPC qui se côtoyaient (Distributique et d'autres gravitaient autour)...!

Étant donné que la rédaction de Golden (ainsi que d'autres rédactions invitées) procédaient à un banc d'essai intensif de ce jeu (au moins huit heures par jour, en continu sur au moins une machine), il était statistiquement impossible que l'effet pavlovien de ce générique sur mon comportement lyrique n'échappe à quiconque dans la boite. En gros j'entonnais l'air à plein poumons à chaque fois que je débarquais à la rédac.

L'ambiance étant à la fondation des "Cahiers du zoophile", organe virtuel et informel, jamais rédigé mais jamais sans Une chaude sur l'actualité des confrères. Un bestiaire se constituait donc, bien que nous n'en ayons pas vraiment encore conscience.

C'est une des personnes qui m'a le plus appris de ce métier qui, de Wagner, m'a baptisé officiellement "lapin" : Herma Kervran (secrétaire des rédactions de Micro-Presse). Un Corse était sur les rangs, mais pour des raisons plus quelconques. On m'a donc confirmé. C'était en 1984 (Orwell disait quoi déjà ?)

Enfin tout ça pour dire qu'en général je parle de la Chevauchée des Walkyries et je m'arrête là. C'est plus marrant.

Peux-tu présenter les revues auxquelles tu as participé ?
Je dis tout le temps aux gens que j'interviewe que sur le Net on peut faire aussi long qu'on veut, mais là ça dépasse une interview. C'est 10 ans de ma vie, et la découverte d'un métier passionnant.

Allez, je commence vachard (Jean-Mi, si tu me lis...).

Fin des 70s. Je suis lycéen à Toulouse. Sort la revue (que nous attendions tous) Micro-Systèmes. Dedans, évidemment, l'Apple II tout frais.

Je tique sur un détail technique dans le papier. Bol : je dois aller à Paris peu après. Je rencontre les fondateurs et fais ma remarque. Un certain Jean-Michel me fait un truc genre "toi, t'as pas l'air con, assieds-toi là, tu taperas les étiquettes".
Bon, je venais parler du timing de rafraîchissement de la 4116 mais si tu le prends comme ça...!

En 1983 je vis en région parisienne. Après quelques boites d'électronique, je suis développeur hard-soft freelance. Et c'est là qu'un certain Bernard Neumeister, qui m'avait repéré lors de ma venue chez micro-Systèmes des années plus tôt, me contacte.

Le groupe CWC (Computerworld Communications) France, qui éditait Le Monde Informatique (LMI), avait créé une filiale baptisée Micro-Presse.
Dirigée par Jean-Louis Redon, elle avait pour objet de lancer des titres référents en presse micro-informatique professionnelle. C'est Jean Pellandini qui avait la responsabilité de diriger les rédactions, mais surtout de dénicher les oiseaux qui allaient lui pondre ses canards.

Bernard était donc le fringant rédacteur en chef de la revue Golden.
Plus une revue généraliste que strictement professionnelle bien entendu, le public de hobbyistes restant majoritaire.

Il me proposait de tenter le coup comme pigiste pour Golden, je ne voyais pas pourquoi refuser ! J'ai fait quelques tentatives sous divers noms, et OPC est très vite arrivé.

J'ai continué de collaborer à Golden sur des sujets qui me tenaient à cœur, et pour les hors-série, jusqu'à ce que je quitte Micro-Presse.

OPC, le voisin de bureau, fut mon adolescence dans ce métier. Cajolé par l'"initiateur" Neumeister et une équipe formidable, il était temps que j'aille dans le grand bain. Et comme tout padawan, il me fallait un maître.

Ce fut Gremlin Majeur, autrement appelé Philippe Chassaing. Il a été mon père spirituel. Venu de la presse quotidienne, il avait été choisi par Jean non pour ses qualités de geek (il a mis longtemps à arrêter d'écrire ses papiers à la main ! ) mais de journaliste et animateur d'équipes rédactionnelles.

La grande intelligence de ces gens-là fut de mélanger des pros de deux mondes difficilement compatibles et de savoir en tirer le meilleur.

Je m'aperçois que j'en zappe quelques poignées déjà, mais s'il faut parler d'un truc remarquable, la direction des pages "dossiers" et...
quasiment tout ce qui n'était pas l'actu et les réseaux dans PC-Informatique, s'étoffant puis devenant hebdomadaire, sans rédacteur en chef au dessus (un comité avec la direction des rédactions suffisait), le tout en plein crash sentimental a été une période intense et vraiment kiffante. !
Du genre oula, c'est pas au rédacteur en chef de te courir après pour te faire rendre ton papier à temps, mais à toi de courir après tes pigistes. L'avantage que mes employeurs avaient vu en moi à ce poste, c'était que si un pigiste me plantait, je pouvais finir le dossier en deux ou trois nuits !!!

PC-Informatique, c'était là où Philippe Chassaing était parti quand il a quitté OPC, devenu InfoPC. Aussi très fâché pour les mêmes raisons que lui avec ComputerWorld, j'ai "testé" un peu ce petit groupe de presse sympa qui montait. Puis il est parti encore ailleurs et nous a laissés dans une sorte d'auto-gestion du contenu par les chefs de rubriques (dont moi).

Le groupe s'appelait Ex(x)apublications et était dirigé par un trium-vira qui ne m'était pas inconnu : Alain Taillard, Dave Habert et Jean-Michel Durand. Oui, le Jean-Mi des étiquettes !

Évidemment chez Exa il y avait aussi Mou&Mi-dur (comme on appelait Soft & Micro entre nous), et d'autres. J'aimais bien y écrire aussi, quand j'en avais le temps.

Le reste, c'est une liste non exhaustive qui traîne quelque part, d'une quarantaine de titres. Parfois des papiers ponctuels sur des sujets transversaux ou de mon intérêt spécifique, parfois carrément des expériences de médias vraiment novateurs, et trop en avance. Il y avait de vrais fous dans le métier, et de vrais passionnés. Souvent les gens étaient un peu les deux. ;)

Il y a aussi eu des drames. Comme dans toute communauté. Sinon qu'à l'époque, nous étions assez proches, et jamais ennemis quoique comme partout, il fallait un petite rivalité trollesque pour stimuler la créativité.

Te souviens-tu de quelques anecdotes amusantes ?
Je les vends au Mo de texte ou par 10h d'audio-books seulement.

Non mais arrête ! 10 années de ma vie ! Je ne dirai pas les meilleures parce que j'en ai vécu d'autres géniales dans d'autres domaines, mais c'est quand même ma deuxième fondation (après la découverte de l'électronique et de l'informatique). Donc oui j'en ai. Lance moi sur un sujet !

Aurais-tu une anecdote un peu érotique à raconter ? Ou une anecdote parlant d'un pari stupide ? Je précise que tu peux même parler de choses très honteuses que tu as vues, sachant que dans ce cas, mieux vaut faire en sortes que les personnes dont tu parleras restent strictement anonymes
Question posée le 8 avril 2013 et en attente de réponse.

Possèdes-tu des goodies en rapport avec ces revues ?
À la lecture de ta question j'ai vite zappé dans ma tête les rares reliques à avoir survécu à des déménagements parfois minimalistes, et je pense n'avoir presque rien de l'époque, sinon quelques fichiers qui ont migré de disque dur en disque dur depuis ma première HardCard.

Mais des détails, des anecdotes, j'en ai plein la tête. Je chéris ces années merveilleuses et la quasi-totalité des gens que j'ai eu la chance d'y rencontrer. Le gros avantage d'un tel microcosme d'une poignée de centaines de personnes, c'est que nous étions tous peu ou prou passionnés. On ne venait pas à la micro pour d'autres raisons, d'ailleurs. Le fric est arrivé bien plus tard, et il a eu longtemps à lutter contre une presse micro pro solide qui pouvait éviter les compromis(sions).

La décennie qui a suivi fut une atrocité pour le métier (et surtout le lecteur) mais désormais tout se passe sur le Net, et le niveau de certains bloggeurs (toutes spécialités confondues) est vraiment rassurant. J'en follow pas mal que je sonnerais sans hésiter si j'avais des papiers à faire faire.

La seule véritable relique que j'ai réussi à garder est une planche de pin's, macarons (deux époques faciles à dater) et autocollants (voir les illustrations à la fin de l'article). Aucun rapport avec mes employeurs, donc, mais une petite collection marrante (j'en ai beaucoup perdu).

En parlant d'anecdotes, les échanges de pin's entre confrères, les réseaux parallèles pour en avoir des collectors, les copinages (voire plus) d'attachées de presse qui exfiltraient quelques exemplaires, ce fut une période marrante.

As-tu encore des contacts avec tes anciens collègues de l'époque ?
J'ai eu plusieurs vies depuis, et eux aussi. Je ne crois pas qu'il en reste plus d'une poignée dans le métier. Vu que comme la plupart d'entre nous j'ai fini par retrouver mes racines (on télétravaillait déjà beaucoup au milieu des 80s !), je ne remonte plus à Paris. La dernière fois j'ai vu un vieux copain des débuts, le Marcassin.

Sinon l'ère est aux réseaux sociaux. Et nous on n'a pas attendu Facebook ou Twitter pour se retrouver virtuellement !

Sur (les vestiges d')Usenet, je retrouve régulièrement un des dinos d'"en face" (le groupe Tests, qui logeait place du Colonel Fabien, comme le Parti Communiste...) sur le newsgroup fr.sci.electronique, et j'ai retrouvé son ex-acolyte cette année sur Twitter (gros chaud au cœur évidemment).

La plupart sont de ces amis avec qui la relation peut reprendre comme on l'avait laissée, séparés par la vie. On a juste quelques millions de choses en plus à se raconter.

Mais je ne les cherche pas en série. Je laisse faire le hasard (très efficace sur les réseaux sociaux) ou les réseaux de vieux geeks. Des fois j'ai une furieuse envie de retrouver untel qui avait fait un canard sur la domotique et pour lequel j'avais fait quelques papiers, ou un autre, qui pourrait se souvenir des coordonnées... bref ça se fait ou pas.

J'ai un gros regret. Je n'ai plus eu de nouvelles de Philippe Chassaing dans les dernières années de sa vie. On m'a depuis appris qu'il était décédé, sa santé était plutôt fragile. C'est ce gars qui m'a appris mon métier, et pas celui de geek qui grattouille, celui de journaliste. Comme on n'en voit plus tant que ça dans tous les domaines.

A titre personnel, utilisais-tu un Atari (par exemple, pour faire de la musique)
Oui, après mon Apple II, la seconde machine payée de ma poche fut un 1040 ST. Essentiellement pour les prises MIDI et pour Gem (on doit pouvoir retrouver un de mes papiers dans OPC avec un jeu de mots foireux sur "j'aime" et "Gem" dans le titre).

J'ai beaucoup aimé cette machine. Déjà un 68K comme processeur, c'était un choix technique très intelligent. D'ailleurs le concepteur de l'Apple et du Mac, Steve Wozniak, ne s'y était pas trompé.

En musique, j'ai tout de suite adopté (et jamais lâché, il a un clone sous Linux) PRO 24. L'outil le plus simple et puissant qu'un musicien avait rêvé pour l'aider à écrire et enregistrer ses œuvres.

Les gens d'Atari étaient des amis et je causais souvent technique avec eux, mon métier me permettant d'être payé pour les fréquenter et les "cuisiner" sur leurs technologies. J'ai eu le déclic final dans une démo réalisée pendant un salon par un batteur avec une très belle batterie constituée de pads pros.

Ce dont j'avais besoin c'était d'un séquenceur/éditeur qui me permette de jouer mes tracks quasiment en impro, et ensuite les retoucher à peine, pour garder le côté vivant mais simplement enlever les fausses notes. Voyant un batteur faire ça sous mes yeux en quelques clics de souris, j'ai remisé les concurrents de l'époque à la poubelle. J'en ai vendu mon magnéto multipistes !

J'ai aussi adoré les jeux. Et je cherche activement un jeu de sous-marin qui doit canarder des convois (me souviens plus le nom) et un jeu d'aventure sci-fi très moderne dans sa forme, qui s'appelait L'Arche du Capitaine Blood. À bon entendeur...

J'ai aussi très modestement collaboré en faisant le jingle d'un jeu pour Atari, réalisé par un ami. Aventure marrante.

Ma compagne de l'époque était dessinatrice, mais pas geek pour un sou.
Je l'avais très tôt initiée à l'infographie, ne serait-ce qu'avec le Mac, mais c'est avec le ST et ses couleurs qu'elle a vraiment commencé à faire de l'infographie vraie. Je regrette de ne pas avoir sauvegardé les disquettes, elle avait vraiment été très créative.

Plus tard, à mon bureau du magazine Applicatique, nouvelle création du fondateur de Distributique Pierre Lindé, j'avais un temps utilisé un Mega ST comme machine de boulot. J'en ai gardé un excellent souvenir.

Quelque chose à ajouter ?
Pas d'idées :)

Quelques illustrations

Précision : LeLapin avait mis de très nombreux smileys dans ses réponses et je les ai retirées car cela donnait une drôle de mise en page. En tout cas, il faut bien comprendre que LeLapin a un grand sens de l'humour et que beaucoup de ses réponses sont à prendre au second degré.

Gilles PROBST
Peux-tu te présenter et décrire ton parcours et tes réalisations ?
Je m'appelle Gilles Probst et j'ai découvert l'informatique en 1977, à 17 ans, avec une Texas Instruments TI 57 (50 octets) puis avec la TI 58 (480 octets) grâce à laquelle je suis devenu à 19 ans parieur professionnel en Grande-Bretagne (course de lévriers, Manchester White City). De retour en France et 1981, j'ai découvert l'ordinateur de poche Casio FX-702P (1680 octets) sur laquelle j'ai créé de nombreux logiciels qui m'ont permis, dans un premier temps, de devenir pigiste pour l'Ordinateur de Poche, puis de créer des cassettes de programmes commercialisées sous la marque Logi'Stick. Dans le cadre de cette commercialisation, je me suis associé avec Didier Jacques (CCS), un fabricant de cassettes audio, pour créer une unité de duplication de cassettes informatiques sous la marque DDI (Duplication et Diffusion Informatiques). Comme nous étions arrivés à un très bon niveau de fiabilité à des tarifs ultra compétitifs, je suis devenu, en marge de mon activité d'éditeur de logiciels pour ordinateurs de poche, le duplicateur de nombreux éditeurs (Sprites, Nathan, Laser, Hatier, etc.) et le fournisseur attitré de beaucoup de magazines micro pour toutes leurs cassettes de programmes (Amstrad Magazine, Hebdogiciel, Micro Systèmes, etc.). C'est aussi à cette époque que j'ai créé les cassettes vierges Data-Or avec des jaquettes spécifiques pour la micro-informatique.

Le marché des pockets a été un laboratoire passionnant à de nombreux titres. Tout d'abord parce que ce marché préfigurait l'engouement pour les smartphones, mais aussi parce que tout était à faire et ceci dans des conditions souvent très compliquées (créer un tableur en 2 ko par exemple). Dans le cadre de Logi’Stick, j'ai donc édité et commercialisé des logiciels sur les principales machines de poche du marché : Sharp PC 1500, Casio PB 100, PB 700, FX-702P, Texas CC40, Canon X-07. Cela a été une occasion de rencontrer des gens extraordinaires dont certains ont marqué l'époque de leurs réalisations. Pour animer ce secteur, j'ai aussi créé le club C7 et son magazine le Son du Canon, ainsi que le journal de l'importateur Casio en France, Casio Story.

Lorsque le marché des machines de poche s'est essoufflé (circa 1986), j'ai migré sur l'Amstrad PCW pour lequel j'ai créé un écosystème qui permettait de couvrir la demande tant en logiciels qu'en accessoires et en hardware. Pour faire connaître cette activité je passais pas mal de pubs dans des journaux comme l'OI ou Amstrad Magazine, mais cela devenait de plus en plus cher pour un résultat de moins en moins probant du fait du nombre sans cesse croissant d'annonceurs. Je décidais donc de cesser toute pub et de créer mon propre journal L'Echo du PCW.
Malheureusement je n'y connaissais pas grand-chose et les débuts furent plus que laborieux... Dans un premier temps je m'étais adressé à un imprimeur de ville pas du tout équipé pour ce genre de production et après deux mois d'un apprentissage douloureux, j'ai décidé, à la sortie d'Xpress sur Macintosh II, de passer au tout PAO. Le choix était hardi mais payant : Non seulement les coûts de fabrication avait fondu mais en plus nous avions gagné en souplesse et en rapidité. Pour l'anecdote, à partir du 15e numéro nous n'étions que 2 à faire ce mensuel dont beaucoup d'articles nous étaient fournis par les lecteurs et, grâce à la PAO, sa mise en page prenait moins d'une semaine !

Dans le cadre de ce journal, nous avons fait pas mal d'avant-premières passionnantes comme la mise en ligne en 1988 du premier système de blogs au monde à savoir écran d'accueil personnalisable + arborescence paramétrable + messagerie (3615 LS*). La création était instantanée et les retours furent incroyables. Plusieurs milliers de sites furent créés en quelques mois jusqu'à ce que France Télécom l'interdise au motif qu'il ne pouvait être question que les utilisateurs communiquent entre eux de manière anonyme... Incroyable non ?

De plus nous avons aussi été parmi les premiers à interfacer microordinateur et minitel pour des opérations automatisées comme les rapprochements bancaires (en interne), la mise à jour de cours boursiers (Boursitel) ou les connexions automatisées qui préfiguraient ces bots qui font d'Internet ce qu'il est aujourd'hui. J'aurais beaucoup aimé développer cet aspect dans le cadre de Logi'Stick mais les évènements m'en empêchèrent....

En 1992, quand la guerre du Golfe arriva, le marché s'effondra. J'étais épuisé par 10 années intenses durant lesquels j'avais travaillé en moyenne 15 heures par jour, 365 jours par an. J'ai donc tout arrêté pour partir en Asie du Sud-Est où j'ai passé 5 années à assembler des PC et à travailler dans les bidonvilles grâce à des programmes créés sur place pour permettre à leurs habitants de fournir des produits finis à des prix nettement supérieurs à la normale. J'ai retiré de ces années-là une connaissance aiguë des problèmes du quart monde, de l'efficacité Chinoise grâce à de nombreux séjours à Hong Kong ou Taïwan et de ma propre capacité d'adaptation à un environnement lointain et inédit.

Aujourd'hui, j'anime des sites Internet dont je gère la création, l'animation et l'hébergement. Je suis souvent en Inde où j'ai ma belle-famille. Ce que j'ai appris dans l'édition de logiciels et dans la réalisation d'un magazine sont des atouts indéniables qui me facilitent considérablement la tâche et me permettent de beaucoup moins me surmener qu'à l'époque des pionniers fous que nous étions...

Quelque chose à ajouter ?
Grand merci à Abandonware de m’avoir permis de les retrouver dans ses colonnes et de partager avec ses lecteurs ces années exaltantes ;)

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